Ailleurs... avec vous. Je quitte une vie, en démarre une nouvelle. Mais, encore et toujours, avec vous dans mes bagages. Bienvenue !
« Les balades en vélo devraient être remboursées par la Sécu », voilà ce que je
pensais alors que je pédalais comme une furieuse dans les rues de Toulouse. La Garonne à ma droite, le soleil au zénith, le vent frais, les petits oiseaux qui gazouillent… Bref, le tout histoire
de se remettre les idées en place, de réajuster les événements et de réfléchir un peu sur tout et n’importe quoi pour en tirer des bilans provisoires mais nécessaires, à mi-parcours vers la
sagesse, ce "but ultime".
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La semaine, le nez dans le guidon, tu ne vois rien venir, tu te contentes de te laisser porter par les événements : tu te fais balloter par les vents, parfois contraires, qui t’écrasent contre des écueils imprévisibles ou te déposent avec soulagement sur un rivage inespéré. Le week-end, tu te retournes, étonné-e, sur ces sept jours qui ont défilé à toute vitesse, sans que tu aies imaginé un seul instant en arriver là…
J’ai parfois maudit la routine, aujourd'hui je l’appelle de mes vœux. Routine rassurante, enveloppante, versus quotidien détonnant, destructeur : que préférer ? Je pense à Achille qui choisit une vie de héros trépidante mais courte, je me demande si je ne vais pas, de même, me consumer. Toute situation que je traverse est le résultat direct de mes choix, et je ne peux reprocher à personne ce que je dois assumer, mais que c’est dur !
J’en veux beaucoup à ceux qui accusent leur entourage d’être malheureux ; pourquoi n’assume-t-on pas, une bonne fois pour toutes, que l’on provoque la plupart ces événements qui nous ballotent ? On ne peut évidemment prévoir les multiples vicissitudes de la vie, mais notre état d’esprit est crucial dans la perception des jours qui passent et du lot quotidien de tracasseries qui les accompagnent. En vouloir à la terre entière n’a jamais résolu aucun problème, et je me demande encore comme certains peuvent croire une seule seconde qu’ils sont complètement innocents dans les problèmes qui les frappent[1].
Une position difficile à défendre quand on est sociologue, et que l’on connait le poids des déterminismes : familiaux, économiques, historiques… Je ne les nie pas, je les nuance. Si j’ai pu être un jour holiste, aujourd'hui je suis résolument individualiste. Pas dans un sens galvaudé, plutôt dans une perspective utopique de dépassement de mes propres chaînes (Nos racines), de construction de mon propre chemin, de transcendance de mes défauts et de ceux qui m’entourent.
Alors, ici j’écris « la rancune est un vilain défaut ». Elle ne conduit qu’à de la hargne, de l’envie ou des regrets, elle est un ver dans le fruit qui en pourrit la chair, et elle évite de se poser les vraies questions : quelle est ma part de responsabilité ? Pourquoi suis-je triste et qu’y puis-je ? Au lieu de cela, ne trottent dans la tête que d’insidieuses énigmes, n’invoquant que fatalité ou malveillance de la part d’autrui, sans remise en question aucune.
Et quand bien même l’autre a tort, et quand bien même l’on ne peut rien à une situation dramatique, ne peut-on trouver en soi la grandeur d’âme de s’élever au-dessus de ces turpitudes ? Ne peut-on décider fort courageusement de passer outre, de dédaigner le médiocre que l’on côtoie au quotidien, et de s’affranchir des embûches semées par la mesquinerie humaine ? Ne peut-on s’abstenir de juger l'autre pour enfin se regarder dans la glace et y affronter ses erreurs ?
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Je crois dur comme fer à la recherche de la sagesse, je tends vers elle et y aspire ; j’aimerais tant, quelque soit la situation difficile que je traverse, connaître systématiquement la bonne réponse, être une « bonne » personne et refuser toute médiocrité de mon fait. Au lieu de cela, je ne suis qu’humaine, et je fais de mon mieux. Ce qui ne m’empêche pas de faire les plus belles conneries en toute bonne foi, bien entendu. Mais sans jamais me défiler derrière, jamais, jamais ; et reconnaître, tout bêtement, que j’ai foiré (La fin d’une époque), en n’oubliant jamais de tenter de rattraper le coup du mieux possible ensuite (Si seulement… je pouvais remonter le temps).
« Se battre contre la médiocrité, œuvrer pour la sagesse » : ça ferait un bon slogan ça…
S.
[1] On est d’accord, je ne parle pas des mal-nourris du Tiers-Monde ou des victimes innocentes des guerres (etc.) mais bien des citoyens
douillettement installés dans leurs Etats de droit, qui ont de quoi manger et se loger. Moi, par exemple.