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Ailleurs... avec vous. Je quitte une vie, en démarre une nouvelle. Mais, encore et toujours, avec vous dans mes bagages. Bienvenue !

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Ton amour à trois francs cinquante

Ou "pensée pour les cabossés de l’amour"

à lire avec The Scientist de Coldplay en fond sonore

 

« Les histoire d’amour finissent mal, en général » chantaient les Rita Mitsouko. On est d’accord. A partir du moment où une histoire d’amour se termine, c’est que ça a foiré quelque part et que le deal de départ (on est ensemble parce qu’on est bien comme ça) est rompu par l’une ou l’autres des parties. Parfois les deux, mais l’une est souvent plus d’accord que l’autre dirait Grand Corps Malade.

D’où plusieurs questions : pourquoi cela a-t-il foiré ? Qui est responsable ? Doit-on s’en vouloir d’y avoir cru ? Faut-il se mettre en colère, et contre qui, l’autre, soi-même, la fatalité ? Et, surtout, a-t-on perdu son temps, et faut-il y croire à nouveau ?

 

***

 

A l’échelle d’une vie, je pense qu’on peut dire avec certitude qu’on se ramassera tous pas mal de gamelles ; ma conclusion après les deux dernières en date, c’est qu’il faut y trouver un sens pour en tirer des enseignements, afin de s’ôter cette idée pernicieuse de la tête : « tu as perdu ton temps ». Quant à croire toujours à cet amour à trois francs cinquante qu’on nous vend à la télé, c’est une autre histoire (chaque chose en son temps bordel, laisse-moi le temps d’encaisser !).

Le schéma de départ paraît simpliste à première vue : deux personnes entament une histoire (on va éviter pour l’instant la qualification « d’amour », mon cynisme reprend le dessus, je ne suis pas encore guérie… Allez, ne pleurez pas, j’aurais pu rajouter « de cul » !) et se mettent en couple. On en connait tous les phases, qui durent plus ou moins longtemps, avec plus ou moins de réussite : flirt, promesses, complicité, engagement, projets, disputes, incompréhension, éloignement, réconciliation, etc. pour finir par ce sinistre mot : « rupture ».

Mais rien n’est simple : le salaud n’est pas nécessairement celui qui s’en va, au contraire ai-je envie de dire. Peut-être même le plus courageux ou le plus lucide. Ou le plus pessimiste… Toujours est-il que dans tous les cas, la souffrance est bien réelle car le bilan est, lui, inéluctable, que dis-je, obsédant : à quoi ai-je occupé mes derniers temps sinon à m’escrimer dans une relation qui n’en valait pas la peine puisqu’aujourd’hui je me retrouve à battre le pavé seul(e) et le cœur en berne ? Ce genre de question est très dangereux car il vous fait tout remettre en cause, et principalement l’amour avec un A majuscule.

 

*

 

En effet, d’expérience j’émettrais l’hypothèse suivante : l’amoureux transi et adorable indiffère, le salaud blasé et égoïste attire irrésistiblement. Même la fière Scarlett O’Hara attend la fin du roman de Margaret Mitchell pour s’apercevoir que le fade Ashley Wilkes ne vaut rien à côté du ténébreux Rhett Butler ! Mais le premier lui résiste tandis que le second lui ouvre son âme, aussi la tendance humaine et auto-destructrice de Scarlett, la pousse dans les bras du blondinet inconsistant mais si intrigant (les plus optimistes diront qu’elle se rend finalement compte de son erreur, les autres que ça ne change malheureusement rien à l’histoire).

J’avoue que j’en suis réduite à un état de cynisme assez avancé, confirmé par les événements : les gens sont malheureux en couple, les mariés divorcent et les célibataires traînent leur bosse en attendant de se faire briser le cœur en p’tits morceaux par le/la premier(e) égoïste de passage.

Disons même que j’en suis à un stade où je ne peux pas même concevoir un mariage heureux, comme un oxymore qu’on nous vend en promo, affublé du titre racoleur : « tout le monde y passe, pourquoi pas vous ? ». Mon regard de sociologue pessimiste ne peut s’empêcher d’y voir un mode d’organisation sociétal qui pousse les gens à s’unir, pondre des gosses et acheter de la lessive en format familial… alors que, bloody hell, ça ne fonctionne pas ! Pourquoi ne pas se dire une bonne fois pour toutes qu’on ne vivra jamais cent ans de bonheur partagé, que c’est foutrement impossible ? Que les histoires d’amour éternel n’existent pas ?

 

Bon, où diable veux-je en venir, vous foutre le moral à zéro ? Non, attendez, laissez-moi encore quelques lignes, j’arrive. Je vous promets même quelques onces d’espoir tout rose…

 

*

 

Suite à ces p’tits déboires amoureux qu’on a tous connus, j’ai fermé mon cœur à double tour et jeté la clé dans un puits, avant d’entreprendre un bilan introspectif du style « bon, et j’en suis où moi maintenant ? Je me jette d’un pont tout de suite ou je réfléchis un peu d’abord ? (et je saute de ce foutu pont ensuite) ». La meilleure psy du monde en matière de moi-même étant ma môman, j’ai décroché mon téléphone et déballé mes réflexions noires-de-chez-noires auprès de l’autorité parentale ; après trente minutes de conversation, j’ai raccroché avec le sourire (je ne vous avais pas menti !). Du coup, je me permets de vous livrer mes conclusions car, pour les avoir partagées le lendemain soir avec Melly, je pense qu’il est intéressant d’échanger ses impressions pour prendre du recul sur ces foutues histoires d’amour à trois francs cinquante et n’en garder que le po-si-tif (et, non-accessoirement, ne pas refaire les mêmes erreurs la fois suivante).

Donc, pour commencer, je dirais (dans une certaine limite tout de même) : toute histoire est bonne à prendre. Sans réutiliser le trop-cité « ce qui ne tue pas rend plus fort », j’en arriverais plus ou moins à la même conclusion. À savoir : même le dernier des salauds t’en apprend sur toi. L’histoire la plus scabreuse est un pas supplémentaire vers la maturité sentimentale, la plus grosse des claques un aperçu de ce que tu es capable de faire ou pas pour un autre. Et de ce que tu referas ou pas pour quelqu’un d’autre. Donc il n’est pas question de se dire « j’ai perdu mon temps car j’ai souffert » ; d’ailleurs quelle serait une relation réussie, celle qui se solde par un mariage ? On est d’accord que non. Non, une relation n’a pas à être réussie, elle existe, c’est tout. Et j’irais même jusqu’à dire que, tant mieux qu’elles ne durent jamais (et que tu le saches), car ainsi tu en profites un maximum, même si cela se résume à un jour, une semaine ou un mois !

Je continuerais avec un auto-compliment totalement assumé : en tout cas, tu n’as rien à te reprocher. Tu as tout essayé, tout donné, tu as pris sur toi et tu es allé au bout de ton histoire. Il n’y a pas de regrets à avoir car tu n’aurais pas pu faire mieux. Si tu as l’impression de t’être fait prendre pour un(e) con(ne), c’est que tu t’es investi(e) et que tu y as cru. Peut-on s’en vouloir pour ça ? Répondre oui serait du dernier pessimisme, et je m’y refuse (encore). C’est que tu as un potentiel extrêmement riche en toi, beaucoup de choses à donner, à partager et donc à recevoir. On est d’accord, c’est plutôt rassurant !

Après, je ne dis pas que c’est facile. Arrive fatalement le moment où, après s’en être pris plein la gueule, tu te barricades derrière des murs de dix mètres de haut pour empêcher quiconque de s’approcher encore et de te faire du mal. Perso, j’en suis là : pas question de redonner le moyen à un mec de me refaire souffrir. Méthode d’auto-défense bien humaine qui éloigne malheureusement un peu plus l’éventualité de tomber sur « le bon ». Mais les optimistes te diront que si c’est vraiment celui qu’il te faut, alors il forcera la porte et fera tomber tes défenses…

 

***

 

Je suis sensée finir sur un « aime ceux qui te veulent du bien », mais j’en suis encore incapable, désolée. Cette conclusion semble logique, mais on sait tous qu’en matière de sentiments la raison est reléguée au rang de rabat-joie. Pour preuve, l’amour infini m’a fait fuir, l’instabilité égoïste (mais ô combien fascinante !) m’a attirée, donc je suis bien loin d’être raisonnable. Et, pour tout vous dire, même hyper fière d’être complètement en dehors de toute logique mathématique, car ce serait foutrement ennuyant ! Prévisible ! Déprimant ! Ce qui laisse présager pas mal d’autres histoires (d’amour ? de cul ?!) à trois francs cinquante mais, pour citer ce cher Rhett Butler de mon cœur, « I don’t give a damn ». Parce que, foutredieu, je n’ai que vingt-et-un ans, et pas mal de conneries à assumer encore derrière !!!

 

Je vous souhaite donc à tous de belles emmerdes comme ça, déjà parce que ça fait plein de trucs à raconter aux copines qui kiffent les potins version « Feux de l’amour » avec dix mille épisodes, et ensuite parce que je suis persuadée que ça nous rend super riches. De quoi, je ne sais pas trop au juste, mais super riches, j’en suis sûre. Et puis flûte, au pire les potes sont là pour nous ramasser ensuite !

 

A nos conneries !

 

Sarah* impatiente de tester la prochaine…

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R
<br /> On ne se connait pas,<br /> Je ne sais rien de ton passé, de tes histoires,<br /> mais je ne peux pas m'empêcher de laisser une phrase de Musset que je pense tu approuveras :<br /> "l'homme est un apprenti, la douleur est son maitre et nul ne se connait tant qu'il n'a pas souffert"<br /> <br /> Cela étant dit, les histoires à la Feux de l'amour, si il n'y a pas de caméra ça fait toujours du dégât. (vécu)<br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Du dégât, certes, mais il faut espérer que ça fait avancer aussi. Sinon, le célibat reste la seule solution...<br /> <br /> <br /> Jolie citation au demeurant, effectivement, j'approuve :).<br /> <br /> <br /> <br />
T
<br /> C'est marrant mais c'est au fond exactement, et à quelques jours prêts, ce que j'ai écrit à une amie, en des termes certes plus crus, n'ayant pas m'accomoder de la censure publique... Car en effet,<br /> pourquoi ne pas se venger du sexe opposé, cet ennemi tant désiré, en lui faisant subir volontairement -niark niark- les mêmes maux...? Tintinabulent les clochettes du diablotin sautillant, qui pour<br /> le coup ne manque pas de charme...<br /> "I'm sick of love<br /> That I'm in the sick of it<br /> That kind of love<br /> I'm so sick of it..."<br /> Chante Bob Dylan, la voix écorchée par l'alcool et le tabac, le coeur esquinté par les femmes... et il n'a sans doute pas tort... Car tant que nous aurons un coeur, nous serons de grands<br /> malades...! Mais ô drame du paradoxe, malades de bonne santé... (car l'amertume et le regret nous sont d'aussi grands ennemis que celui sur lequel on peut disserter ici à l'infini - "et au-delà"<br /> cf. Buzz l'Eclair - ).<br /> Alors oui, fourbissons nos arme ! dressons les barricades !<br /> Mais... finalement... est-ce que j'y crois encore...? chhhhhhhhut !<br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Sick of love as well... Va falloir que je me mette à Bob Dylan ! Mais parfois il n'est même pas question d'amour, pas besoin de creuser aussi profond, il est aussi<br /> question d'amour-propre, d'espoir, de confiance en soi et en l'autre... Disons que ça charrie pas mal d'émotions ces histoires de coeur, tant est que parfois j'en envie les coeurs de pierre...<br /> Alors, est-ce qu'on y croit encore ? OUI car nous sommes de grands masochistes !<br /> <br /> <br /> <br />
C
<br /> Tu oublies la prière, mon enfant : il reste les potes ET la prière.<br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> On pourrait instaurer une p'tite prière à trois alors, où on lèverait nos verres à ces salauds qui nous font souffrir... et à la fin, on se finit au Muscat...<br /> <br /> <br /> P.S.: c'était THE éclat de rire de la soirée, merci Caro !!!<br /> <br /> <br /> <br />