Me pardonnerez-vous ? En écrivant mon précédent billet hors contexte, quelle image ai-je donc laissée apparaître de moi ?

A ma manière, je n'ai fais que lancer le pavé dans la mare. Je n'ai jamais caché, je crois, mon agacement devant certaines attitudes masculines, mais je croyais
aussi, peut-être naïvement je le reconnais, avoir laissé deviner l'ironie, pourquoi pas la tendresse (mais je ne me mettrai pas à nu) sous-jacente de mes
propos.
Car enfin, pour qui me connaît, il est su je crois ma dépendance affective envers le détenteur de ce Y si attirant. Je veux dire. Je suis une boule de paradoxes.
Mes pérégrinations intellectuelles me mènent souvent sur ce sujet, qui m'a fait pointer devant vous ce que je ressens depuis toujours.
Une profonde violence me tiraille entre :
...un sentiment de frustration face à la domination masculine, pour laquelle en fait vous, messieurs, n'êtes souvent pour rien. Mais, désolée, vous étiez dans ma
ligne de mire, et je n'ai pas fait dans la dentelle. C'est comme ça, nous sommes né(e)s dans une société où XY > XX, "sois belle et tais-toi" (désolée, peut-être que je lis trop de
Bourdieu, La Domination Masculine). La femme, esclave depuis la nuit des temps, est parfois placée dans une telle position
d'infériorité que j'en aurais les larmes aux yeux de rage et de frustration.
...un sentiment de tendresse absolu envers les garçons. Ne sautez pas au plafond, je veux juste dire que je suis souvent très amusée de nos
clashs, nos discussions virulentes, nos escarmouches, nos bagarres, nos conversations. [Je tiens d'ailleurs à
signifier ici que Thomas a laissé un commentaire splendide au billet précédent, je vous invite vivement à le consulter]
Le contexte vous aidera peut-être à me pardonner. Je vous invite à relire mon billet sous cet angle nouveau.
1. "Et les nominés sont... Dans la catégorie Goujat d'Or...". Bête histoire, gaminerie, qui nous fit hurler de rire : c'est
normal, nous sommes des filles. Et nous nous livrons à notre passe-temps favori : se moquer (gentiment) de nos compères
masculins (qui nous le rendent bien, soit dit en passant !). Nous leur trouvons tous les défauts du monde, absolument et résolument subjectifs et
ridicules, et listons ce que le goujat a pu avoir le malheur de faire, dire ou oublier de faire ou de dire ("Le goujat prend toute la place à table ; le goujat
ne tient pas la porte aux filles ; le goujat ne complimente pas les filles sur leur coiffure..." ETC), arguments issus de notre expérience personnelle antérieure à 2 mois. Eh oui, il faut bien
passer le temps en amphi, lorsque les sudokus et lesmots fléchés sont faits (4h, c'est long...).
Ca y est, je vous vois halluciner devant votre PC : quoi, ce billet juste pour ça ? Une bête histoire entre copines hystériques ?
2. Avez-vous déjà rencontré ces couples sidérants ? Celui où la femme s'efface, où l'homme ne lui laisse pas prendre la parole, où
c'est toujours la faute de sa compagne, qui n'a jamais eu que pour unique compétence la cuisine, la vaisselle, bref l'entretien domestique (rebrancher la
télévision étant bien entendu au-dessus de ces moyens, elle n'est bonne à rien). Je connais un couple ainsi. Vis avec. Et ce qui m'écoeure le plus, me hérisse,
me fout en rogne, me sidère, c'est que la femme en est venu à intérioriser cette prétendue incapacité, à la redouter, à venir
quémander auprès de son mari la moindre aide "car elle ne sait pas faire". Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me répugne !!! Si je pouvais, je mettrais les choses au
clair, je m'écrierais haut et fort, mais je suis terrassée par mon impuissance : pas mes oignons. Et de toute façon, la femme le sait. me l'a avoué. Mais ne peut rien faire.
Dominée.
3. Je réfléchis. Il n'y a pas que ces raisons, futiles ou dérangeantes, qui m'ont poussée à écrire ce billet. Autre(s) chose(s) sur lesquelles il est dur de
mettre le doigt. Parce qu'elles sont compliquées, gênantes peut-être bien, parce que je ne les connais pas moi-même (qui me paye une
psychanalyse ?).
Veuillez alors considérer mes plates excuses ; je pense ce que j'ai dit, mais n'oubliez pas que je n'ai rien -je l'espère- d'une féministe de base, haineuse, stupide. Une
gaminerie, associée à une envie de râler ; et se plaire à décrire quelques travers bien connus, lieux communs, mettre les deux pieds dans le plat
de la caricature...
Je vous assure que je rigolerais franchement devant un article de ce genre concernant... les filles. Peut-être parce que toute marque d'attention serait la bienvenue ? J'ai aimé suscité le
débat chez vous. Malheureusement, je n'ai pas su faire passer l'ironie, le cynisme et le mordant. J'espère désormais que tout
est clair ! Et pour clôre cette affaire, je vous promets un prochain billet plus réjouissant.
Ca tombe bien, je vais voir Stade Toulousain vs. Leinster demain soir !!! A vos pinceaux de maquillage... :D
A bientôt,
Astérie*,
Qui ne clôture pas le débat pour autant...