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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 02:51

Quand on y pense, la plus grande aventure dans laquelle je me suis embarquée en mars 2012 n’était pas vraiment celle de mettre vingt-deux-mille kilomètres entre mon lieu de naissance et mon lieu de résidence, ni même de troquer mes fripes d’étudiantes contre l’habit cérémonieux de l’administratrice tirée à quatre épingles. A vrai dire, sans entièrement le concevoir, je suis passée du statut de coloc à celui de concubine. Plaît-il ?

*

Ok, je suis de mauvaise foi. Après avoir soupiré pendant quatre mois auprès de mon amoureux parti affronter la faune togolaise, je serais malhonnête d’affirmer que je n’attendais pas avec impatience de franchir le globe en galante compagnie. Non sans une certaine fierté, je pouvais ainsi me rengorger auprès d’amies énamourées qui pleuraient leurs amours à distance : moi, j’embarquais mon homme dans mes valises et comptais bien continuer ma vie à cent à l’heure que les alentours aient changés ou non. Pour autant, il est clair aujourd’hui que je suis, une fois de plus, à une croisée des chemins des plus bouleversantes et que j’en ai mésestimé la portée : le nez dans les billets d’avion, les valises et les préparatifs, difficile de prévoir que l’on va se prendre un mur monumental dans la gueule. Du style virage à 180 degrés.

[Flashback] Qu’est-ce qu’une colocataire épanouie ? Ma foi, il suffisait de pousser la porte de l’appartement 585, 9e étage du 1, rue *** pour tomber sur une scène des plus charmantes : batifolant gaiement dans leur T4, vous auriez trouvé trois jeunes coloc’ le cœur léger, chantant soirées débriefing, grosses cuites et bonnes marrades en excellente compagnie. Cependant, malgré les interminables discussions sur la roue du temps, les méandres de l’avenir et la difficulté à se procurer une jupe sympa en cette saison, point de prospective n’avait été engagée. Après tout, pourquoi craindre demain si aujourd’hui ne se passe pas trop mal ? Difficile également d’envisager le trou noir post-estudiantin quand cela fait quatre ans qu’on nage avec bonheur dans le grand bain des études.

Donc j’ai la putain de nostalgie des années étudiantes, alors que j’en sors à peine. Ma foi, vous seriez tout à fait dans votre droit de me lancer une bonne droite accompagnée d’invectives haineuses face à ma pleurnichérite aigue : il est vrai que je me plains de ce que j’ai perdu, une fois n’est pas coutume. A posteriori, j’en dresse en fait un bilan si positif qu’il m’empêche de savourer la suite. As usual. Mais pourtant je voudrais coucher noir sur blanc, quelque part dans l’univers, à quel point ces quatre années et demi ont été formidables. Pas « chouettes », ni même « cool », vraiment « formidables », dans le style « inoubliables ». Une petite voix me trotte dans la tête : « profitez bien de vos années étudiantes les jeunes, ce sont les meilleures ! » Vraiment ?

Je me vois débarquant à Toulouse comme d’autres descendent dans l’arène, pour chercher à conquérir une liberté et un droit d’exister, y affronter la vie sans les garde-fous parentaux et perdre ses rondeurs enfantines ; accompagner le tout des premières virées entre potes dans la Punto débridée, expérimenter un premier amour, vivre toute-seule-pour-de-vrai, changer de continent, démarrer des amitiés déjà inoubliables, consommer la rupture familiale mais le regretter autour d’un verre le temps d’une soirée. (…)

Je n’arrive pas à faire rentrer ces quatre années et demi dans un paragraphe.

*

Bon, je crois que vous avez saisi le topo. Alors après ça, qu’est-ce qui pourrait se révéler mieux, je vous le demande ? J’ai trouvé la réponse mais me bagarre encore un peu avec le mode d’emploi.

*

Là, je suis en train d’expérimenter un truc de fou que je ne pensais pas toucher du doigt avant la trentaine avancée (Sarah et ses idées préconçues sur la vie, tome 1) : la vie en couple. Pour celles et ceux qui me connaissent depuis plus d’un an et demi, vous savez que c’est un peu le genre de trucs qui me faisait rigoler en douce. Mwarf mwarf, les z’amoureux qui s’lâchent plus et qui n’peuvent plus rien faire l’un sans l’autre, même vivre quelques mois séparés, c’tte blague ! Ahahah.

Oui, bon, j’ai cédé. M’enfin, qui ne l’aurait pas fait à ma place ? Z’en connaissez beaucoup qui ne succombent pas aux yeux verts et muscles d’airain du bellâtre d’à-côté ? Bon, j’ai flanché quoi. Avec une remarquable abnégation qui frôlait, soyons honnête, le plus total abandon de soi. Et je me retrouve à me dépêtrer d’un habit un peu trop grand pour moi ou dont les mensurations ont été prises alors que j’étais encore en train de bringuer à Toulouse sans réfléchir à autre chose qu’au prochain cocktail que j’allais commander. Parce qu’en fait, c’est sacrément compliqué la vie à deux.

J’aime-le-riz-je-préfère-les-pâtes, demain-on-se-lève-tôt-moi-je-fais-la-grasse-mat’, week-end-pêche-sur-le-bord-rando-ce-serait-mieux-non-? et j’en passe. Tout est prétexte à opposition, avis contraire et prise de position tranchée, comme si des décisions cruciales se prenaient autour de la préparation du petit déjeuner. Pourtant on les a vues par centaines ces scènes de cinéma où des amoureux se déchirent autour d’un bol de chocolat, mais faut-il qu’on soit monstrueusement optimiste/monstrueusement bête, on y avait pas pensé avant/ça n’arrive qu’aux autres/de toute façon la-Calédonie c’est le paradis il n’arrivera jamais rien de mal sous le soleil.

*

On en arriverait presque à oublier les tonnes d’amour contenues, déversées, avouées, entretenues avec tendresse. Dans ces cas-là, manque cruellement une occasion de souffler, souffler pour retrouver cette dynamique du manque qui fait avancer le schmilblick en temps normal, souffle qui ouvre le regard sur ces merveilles rendues angoissantes par le quotidien. Prendre de la hauteur quoi, se réfugier auprès des potes, râler un bon coup, ricaner en douce et refaire le monde pour revenir le cœur léger, gonflé d’amour et d’ondes positives pour la suite.

 

Bon, vous l’aurez compris : j’ai serpenté un bon moment en excellentie compagnie, aujourd’hui je continue mon petit bonhomme de chemin avec son lot de tendresse, de désarroi aussi face à cette avalanche de sentiments contradictoires et autres montagnes russes émotionnelles qui me laissent tout vide… alors qu’au fond, il y a, en fait, surtout beaucoup d’amour à partager.

 

Sarah* apprentie amoureuse


Bastien & moi, Nouville

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 04:12

Coucou les jeunes et les moins jeunes,

 

Après un petit tri de mes photos, je me rends compte qu'il manque beaucoup de péripéties calédoniennes à cette version bloguiesque de l'aventure. Je m'en vais donc vous compter notre week-end du 1er mai, haut en couleur, c'est le moins que l'on puisse dire. Comme diraient les journalistes, la suite en images !

 

*

 

Le week-end précédent nous ayant laissé un petit goût d'inachevé, nous voilà repartis dans le sud. L'occasion pour nous d'étrenner notre vaillante 106, tout juste achetée. Vous reconnaîtrez les terres rouges que nous commençons à connaitre "pas trop mal" (comprendre : le prochain week-end, on essaye autre chose que le sud).


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Rivière des pirogues, à l'embouchure de l'océan

 

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Grande spécialité du sud : la traversée de creeks (gués) en voiture, plus ou moins aisée

selon les précipitations des jours précédents... et la voiture du pilote, bien évidemment.

 

Après 1h de bagnole en sortant de Nouméa, laissez-moi vous présenter l'Îlot Casy, tranquillement installé dans la Baie de Prony.

 

P1050268.JPGVue sur la baie de Prony. Au loin, l'Îlot Casy

 

Le soleil était correct en partant, mais une fois arrivés sur le rivage la pluie nous a rattrapés. Pour camper sur un îlot, activité très à la mode en Calédonie, on aura connu plus motivant. Comme sur beaucoup d'îlots, une navette privée (ici le Casy Express) vous transporte aller-retour pour un prix... qui peut faire réfléchir lorsque s'y ajoute la probabilité de passer la nuit sous la pluie. Ajoutez à cela que ce sera avec l'option "camping sauvage" (ni sanitaires ni eau potable sur l'îlot, il faut être autonome) et qu'il faut attendre le lendemain après-midi pour rentrer, la question de payer ou non les 6600 FCPF (env. 55€) se pose. Alors, on se la joue à quitte ou double ?


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Îlot Prony, vue du rivage à la nuit tombante

 

Vous l'aurez deviné, vos aventuriers en herbe n'ont eu peur de rien. Un coup de bâteau, et nous voilà arrivés. A bord, ça cause poissons avec le pilote qui nous décrit la région et les superbes pêches réalisées dans le coin, au grand désespoir de notre tarn-et-garonnais qui n'a ni canne ni harpon sous la main (et pour cause, l'îlot est dans une réserve marine protégée, il faut s'éloigner du rivage en bateau pour en sortir).

 

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C'est déjà le début de l'hiver dans l'hémisphère sud : il est 17h et le soleil se couche,

le temps de faire un rapide tour de reconnaissance... Et de remettre à demain l'exploration de l'îlot.

 

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Camping au bord de l'eau, plus ou moins seuls au monde, et surtout loin de la ville...

 

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(Cliquez pour voir les deux photos en plus grand)

 

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Le camping sauvage veut donc dire retour aux cycles du soleil : repas du soir à 18h, couchés 19h...

 

Le lendemain, réveillés tôt par le soleil qui a refait son apparition, nous partons à la rencontre des sentiers de randonnée qui parcourent Casy de long en large. De quoi avoir une vue à 360°...

 

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Vue du sommet de l'îlot Casy -- "moi aussi un jour j'aurai un bâteau..."

 

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Vue de l'autre côté, de quoi se rendre compte par nous-mêmes pourquoi autant de géologues

se retrouvent en Nouvelle-Calédonie, fort à propos appelée "le Caillou".

 

P1050236.JPGNon, nous ne sommes pas sur un volcan !

 

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Photo certifiée sans retouche

 

P1050245.JPGLes plages de sable fin ne sont pas loin pour autant

 

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Balade sous les arbres gigantesques de la grève

 

Voilà pour un court récit en images de nos 24h sur Casy : une grande rando jusqu'au sommet sous le soleil de plomb et à travers le maquis minier (végétation particulière au sud), une plongée PMT au-dessus du corail défoncé par les bâteaus (mais avec de jolies choses à voir quand même)...

 

Nous quittons l'île dans l'après-midi pour continuer notre chemin vers Yaté.

 

P1050272.JPGVoilà le genre de pistes qui sillonnent le sud

Autant vous dire qu'il faut avoir des suspensions solides

(Et encore, vous n'avez pas vu les nids-de-poule)

 

P1050282.JPGL'usine de Goro Nickel

 

Nous dépassons Goro Nickel, usine d'extraction de nickel perdue au milieu de nulle part. Les cols se succèdent... et les freins lâchent. Grosse blague du week-end, je dois dire.


Pour résumer, j'ai descendu le col de Goro sans freins, en première, avant que Bastien ne se rende compte en reprenant le volant ensuite que "vraiment, ça ne freine pas du tout". Je ne vous dit pas les sueurs froides quand on s'en est rendus compte après avoir descendu le col qu'on n'était pas passés loin du ravin... Je vous passe les détails, mais le retour a été assez épique : la nuit tombait, on a arrêté un Kanak qui passait par là et qui nous a fourni du liquide de freins tout en foirant notre purge avec une pince à la noix, on est ensuite retournés sur nos pas pour demander de l'aide à l'usine qui était quasi vide parce que dimanche soir... et on est rentrés à Nouméa. Ne le dites à personne surtout, parce que ce n'étais pas spécialement sécurisé, vu le nombre de cols qu'il a fallu repasser... avec un simple frein moteur (bah oui, parce que le frein à mains était distendu, sinon ce serait moins drôle).

 

*

 

Vous l'aurez compris, nous sommes des warriors (et des chanceux aussi, je dois le reconnaitre), pas refroidis pour un sou (ou si peu...) et je vous promets d'autres billets hauts en couleurs. Pour le moment, je m'en retourne à mon mémoire ; vous savez, ce truc inventé pour faire ch*** les étudiants qui s'éclatent à l'autre bout du monde...

 

Bon week-end à tous, et pensez à moi, enfermée alors que le soleil brille et que la plage m'appelle. Heureusement, j'ai un mental d'acier.

La preuve, je ne suis pas du tout en train d'écrire une note de blog au lieu de travailler.

 

Sarah, travailleuse acharnée

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 08:17

Alors, en fait, comme vous expliquer... J'imagine que les photos parleront mieux que moi de ce week-end :

P1040913.JPGEn gros, j'ai passé deux jours sur un catamaran, et c'était juste...

 

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Incroyable. Quitter la Grande Terre pour le large, passer la nuit en mer...

 

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Jeter l'ancre près d'un îlot qui se découvre à marée basse et plonger au milieu des requins.

Ou suivre les poissons coralliens jusqu'au tombant, appréhender l'infini, "Le Grand Bleu".

 

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Lever l'ancre, se diriger vers l'Îlot Table. Mettre le Zodiaque à la mer, accoster, explorer l'Îlot en tongs sur les rochers. Y rencontrer des tricots rayés rouges sang (serpents marins d'ici, rappelez-vous la version décolorée), des noix de coco échouées, un requin mort sur le sable, des oiseaux marins rarissimes et j'en oublie...

 

 


Mais puisqu'il faut bien "revenir sur terre" (jamais cette expression n'a été aussi vraie),

nous passons le dimanche à Koumac, à explorer les environs.

 

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Perdus dans la montagne, nous nous dirigeons vers une séance de spéléologie.

 

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Après une laborieuse randonnée en 4x4 dans la brousse montagneuse,

nous trouvons enfin...

 

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...une faille, c'est-à-dire l'entrée de la grotte. Non répertoriée.

Toujours envie d'y mettre les pieds...?

 

P1050077.JPGLa réponse est oui, évidemment ! Même pas peur des trois mètres abrupts à descendre,

il suffit de s'agripper aux stalactites les plus solides... Et d'y aller tranquillement.

 

P1050086.JPGAu final, nous y descendons à 6, dans une atmosphère... légèrement oppressante.

 

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Je devine vos questions : OUI c'est dans ce trou-là-bas-au-fond qu'il fallait se glisser

pour accéder à la deuxième caverne.

 

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Le preuve en image. Attention à la tête, il ne faut pas abîmer ces fragiles stalactites.

 

P1050098.JPGAmbiance cathédrale ou descente aux enfers, au choix.

 

P1050100Eblouis par nos lampes torches, les cristaux s'illuminent.

 

P1050104.JPGPlutôt descente aux enfers, après réflexion.

 

P1050105.JPGPlafond version dentelle satanique.

 

P1050120.JPG

Parfois, je vous l'accorde, ça pouvait être étroit. Le genre de moment

où l'on se demande : pourquoi diable a-t-on une paire de seins ?

 

P1050123.JPG

Question que je n'ai pas fini de me poser lorsque je découvre la sortie,

6 mètres plus haut. Escalade à l'arrache au milieu des éboulis, facile.

 

Vous l'avez compris, c'était un week-end incroyable. Pour nos guides, c'était somme toute assez banal, pour une Zoreille comme moi, du jamais vu. Du genre qui donne envie de s'inscrire en Ecole de Voile et de faire le tour du monde en catamaran. Si jamais je disparais un jour de la surface terreste, vous saurez où me trouver... Sur mer ou sous terre :).

 

Un grand merci à la famille de Simon qui nous a fait découvrir les beautés de Koumac et des environs.

Pour sûr, ce week-end valait de l'or.

 

Sarah*

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 12:05

Week-end de Pâques, c'est décidé, on sort de Nouméa comme des grands, direction LE SUD. 300 km en 3 jours, facile. Sauf qu'on est en Nouvelle-Calédonie.

Carte-sud-pour-blog-2.jpg

Petite carte piquée sur le web : comme vous pouvez le voir, on part de Nouméa,

déjà très au sud (côte ouest) pour dépasser Mont-Dore et remonter jusqu'à Yaté par la côte méridionale.

 

Donc, une fois sortis de la ville, on oublie les routes : bonjour les pistes, nids-de-poule inclus. Assez étonnant de découvrir un territoire entier du pays, pourtant développé, sans routes dignes de ce nom. D'où les énormes 4x4 qui pullulent, tout s'explique.

 

Deuxième évidence qui s'offre à nous une fois sorti-e-s de la capitale : au sud, la terre est très, très rouge... Et les paysages très très sauvages...

 

P1040732.JPGAlors, après une petite heure de route, le paysage donne à peu près ça...

 

La terre est rouge, le sable aussi. Exit les plages immaculées, à la baie de Port Boisé il faut être prêt à sacrifier son maillot de bain et ses habits clairs pour se frotter à la latérite, roche très rouge qui abonde dans le sud. Pour tout vous dire, après un week-end en tongs, on aurait dit que mes pieds étaient teints au henné.

 

P1040747.JPGPas vraiment de ressemblance avec l'Îlot Maître ! (cf. billet précédent)

 

Ce week-end était à vrai dire assez foutraque : la voiture lancée sur les routes (euh, les pistes), nous nous sommes un peu laissés porter par le vent. Aucune infrastructure touristique, à peine quelques vagues panneaux deci-delà. Au premier "camping" nous bifurquons pour nulle part (vous commencez à comprendre que c'est souvent le cas ici), arrivons chez des gens... Ah non, dans un camping. A gauche, une maison perdue dans les cocotiers, à droite un vaste bosquet au bord de la mer (ci-dessus) où planter les tentes et suspendre les hamacs. En clair, on a joué aux Robinson Crusoë et c'était chouette ! Repas au feu de bois, nuit sous les arbres (et pour la 1e fois, on a failli mourir de froid : OUI il peut faire très très frisquet même sous les Tropiques. Note pour moi-même : acheter un sac de couchage), photos sur la plage (ci-dessous)... Un vrai dépaysement into the wild.

 

P1060519.JPGMême plage de nuit, avec un temps d'exposition de l'appareil-photo d'1 min, ce qui explique la clarté.

Au loin, des bâteaux, en haut les étoiles !

 

La Baie de Port Boisé nous a également offert une jolie balade "du Trou d'Eau" en bord de mer, entre pins et palétuviers. Le temps s'arrête, plus que le ciel bleu, la forêt, la mer... et nous.

 

P1040763.JPGLes palétuviers, les pieds dans l'eau avec leurs racines apparentes

 

P1040769.JPGBalade sur les rochers

 

P1040783.JPGDe temps à autres, le paysage se découvre. Vue sur la baie

 

P1040790 P1040791

L'occasion de s'amuser avec l'appareil dans le soleil déclinant

 

P1040794.JPG

Un peu partout le regard est attiré par des curiosités cachées

 

P1040796-copie-1Coucher de soleil !

 

P1040806

Qui coïncide avec notre arrivée au "trou d'eau". Pour le coup, on a tellement fait durer la balade qu'on ne profitera pas vraiment de la baignade, il est temps de rentrer.

 

P1040814.JPG 

P1040817.JPGP1040819.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toujours quelques petits délires photographiques...


P1040829.JPG

Baignade pour finir tout de même !

 

Le lendemain nous partons pour la Baie de Goro après une pêche matinale. Oui vous avez bien lu, je me suis essayé à taquiner le poiscaille, sous l'oeil "bienveillant" de mon instructeur-en-chef (après, la chasse, la pêche, mais que va dire papa !) Autant vous dire que je n'ai rien pêché, mais j'avoue, on s'est bien amusés. Pour information, j'ai pêché la seiche à la TURLUTE. Hum. Ces pêcheurs sont plein d'humour...

 

On a ensuite établi le camp dans un deuxième camping en bord de mer (cette fois-ci, on s'est vraiment endormis au son du ressac, terrible). J'aurais bien voulu vous montrer en image la splendide cascade qu'on a escaladé lestement le lendemain après-midi, mais malheureusement j'y ai fait tomber mon appareil dans l'eau, gné... Heureusement il a survécu, mais sur le coup, point de photo.

 

On a embrayé sur une sortie "kayak de mer" loué au propriétaire du camping --un sympathique Provençal marié à une Kanak, je suis toujours impressionnée de voir ces couples mixtes défrayer les assignations identitaires et culturelles qui nous empêchent d'ordinaire de comprendre l'autre, cette altérité.

L'occasion d'emmener, une fois de plus, les cannes à pêche (je crois que vous l'avez compris, je suis amoureuse !) au fil de l'eau. L'un pagaie, l'autre pêche, on alterne, heureusement personne ne filmait, je suppute un duo à la Laurel et Hardy assez ridicule (mais très rigolo je n'en doute pas !). Au final, j'ai ma 1e touche, halleluja. Malheureusement le malotru s'est échappé, me laissant toute dépitée. Ce n'est pas grâce à moi que l'on mangera ce soir... Et pas non plus grâce à Bastien, qui lui se fait gober l'hameçon tout cru sans voir l'ombre d'une écaille, hahaha ! (rire frustré, j'aurais vraiment vu de bon ton un bon gros poisson sur notre barbecue nocturne)

 

Et pour finir, tandis que la plupart d'entre vous courait joyeusement l'oeuf en chocolat et frôlait la crise de foie, nous nous en fûmes joyeusement du côté de Yaté. Point de cliché du lac, pourtant notable mais pas très photogénique ; en revanche, une longue balade et une baignade dans la rivière, que demander de plus ?

 

P1060580.JPG

Photo cliché devant la Baie de Yaté

 

P1060591.JPGRando dans les hauteurs ; au loin, très loin, quelque part, le lac de Yaté

 

Sur ce je vais vous laisser, pas loin d'une heure et quart pour charger ces fichues photos, il va être temps d'embrayer sur la suite... Comme vous le voyez, les paysages défilent et ne se ressemblent pas, j'espère arriver à mon but final vous motiver à venir nous rendre visite ! De mon côté, je continue de programmer les week-ends, en espérant continuer de découvrir ce pays magnifique.

 

Donnez-moi de vos nouvelles vous qui passez par là.

 

A très bientôt,

 

Sarah*

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 08:44

Pour une fois, pas vraiment envie de blablater, je vais juste laisser les photos parler d’elles-mêmes… (cliquez dessus pour les voir en plus grand) Dites-vous juste que le topo de ce dimanche donnait : « Bon, on fait quoi aujourd’hui ? Plage ? Ouais, bon, on va voir ce qu’on peut trouver… » Résultat des courses, taxi-boat et hop, Îlot Maître, à 20 minutes de bateau de la côte de Nouméa (vue d'en haut ça donne ça).


Chaleur écrasante, clapotis des vagues, ciel bleu, un petit brin de vent… Durs les week-ends… (et comme tout le monde ne fait que nous le rappeler, « Et franchement, Nouméa, c’est rien. »)


Bref, j’ai passé quelques heures au paradis. A 4 milles de la ville.

 

 

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1er objectif, trouver un petit coin à l'ombre des cocotiers

 

P1060425

1e baignade, juste histoire de voir

 

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Ouais, pas mal...

 

P1060445.JPG

Mais bon, c'est un peu chiant, l'eau est trop chaude, 28°C, ça ne rafraîchit pas... :D

 

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Sternes locales

 

P1060442.JPG

Ca, c'est pour quand on sera riches

 

P1060464.JPG

Le tricot rayé, serpent marin local, mortel mais tranquille.Ou "tranquille mais mortel"

 

Voilà, c'était juste pour se mettre l'eau à bouche. Après un mois sur place, je pense que vous avez compris que le bilan est... paradisiaque ! On aimerait bien pouvoir prendre des photos de ce que l'on voit sous l'eau (d'une beauté indescriptible), car on a quand même plongé en PMT (palmes-masques-tuba) pendant une heure et demie, vu des tortues, des raies, des poissons-clowns dans leurs anémones, des poissons-perroquets... Et encore, ce n'était qu'une prairie sous-marine (herbe au fond de l'eau), on est loin des récifs coralliens vus sur l'Îlot Canard !

 

Ce week-end, road-trip dans le sud. Plein de photos à venir !

 

Sarah* Crusoé

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 02:21

J'en reviens à peine, et je ne veux déjà qu'une chose : vous faire partager un incroyable week-end en tribu kanak pour mettre des mots sur cette aventure inoubliable.


Bienvenue en Kanaky

Si d'aventure vous posez un pied en Nouvelle-Calédonie, sachez que vous débarquez sur une terre riche de peuples très différents, qui vivent côté à côte sans trop se mélanger :

  • les Métro ou Zoreilles, catégorie à laquelle j'appartiens, c’est-à-dire les Métropolitains fraîchement débarqués, en transit sur le Caillou, reconnaissables à leurs coups de soleil ;
  • les Caldoches sont les « blancs » descendants des Européens installés depuis plusieurs générations. On les trouve principalement à Nouméa et en brousse sur la côte Ouest ;
  • les Polynésiens, principalement des immigrés de Wallis & Futuna, forment la plus grosse communauté (plus nombreux en Nouvelle-Calédonie que sur leurs îles respectives), reconnaissables à leur stature incomparable, à côté desquels Bastien fait figure de crevette mal nourrie ;
  • les Asiatiques, principalement vietnamiens, à qui l'on doit la nourriture pas chère vendue dans leurs bouibouis quand tout le reste de Nouméa est fermé ;
  • les Mélanésiens, issus des îles Pacifique à proximité de la Nouvelle-Calédonie : parmi eux, présents en Nouvelle-Calédonie, les Vanuatais, les Papous et les Kanak (nom invariable).

Les Kanak sont les « primo-arrivants ». Beaucoup habitent sur les îles Loyauté ou dans la Province Nord. Ils parlent français mais on compte près de 27 langues kanak. Ne leur parlez pas de la Calédonie, pour eux vous êtes sur leur patrie, la Kanaky. Leur mode de vie traditionnel est la vie en « tribu », entourés de leur famille et des autres membres de leur communauté au fin fond de la brousse. Je n'en savais pas plus sur eux avant d'être invitée par Gary (un Kanak travaillant à Nouméa, connu par un ami respectif), à passer un week-end à Ouegoa, son village natal.


Kanakement vôtre

J'ai rencontré Gary il y a deux semaines. Mercredi dernier, il débarquait à l'appart' avec bananes poing go, picots fraîchement péchés et vin rouge pour nous cuisiner du poisson version kanak. Nous, affalés dans le canap'. Ok mec, reviens quand tu veux ! Mieux : l'invit est lancée, vous venez à Ouegoa le week-end prochain. Eh ouais, c'est pas plus compliqué que ça en Kanaky.

Vendredi, 17h, la semaine de boulot se termine. 17h30, départ en bus avec Bastien. Un bus version calédonien, ça donne une grosse soixantaine de Kanak entassés, y compris dans l'allée centrale où les familles se pressent sur des strapontins. "Clim' espagnole" comme dirait Morgane (comprenez fenêtres ouvertes), genoux écrasés contre le siège de devant et c'est parti, roule Mimile. Arrivée prévue 23h30. Tout serait tellement moins drôle sans les imprévus.


Nous, pour notre 1er week-end hors de Nouméa, on traverse tout le pays. Même pas peur.

18h30, alors que je mitraille les paysages de photos la tête par la fenêtre, un bon vieux gros sifflement se fait entendre. Un bus qui crève ? Un bus qui crève. Et mieux : un bus qui crève sans roue de secours. LOL. 1h30 d'attente sur le bord d'une nationale sans bande d'arrêt d'urgence, ça vous calme les plus aventureux. L'occasion d'apprécier à leur juste valeur les avertissements reçus auprès de mes collègues métro : "Fais gaffe en voiture Sarah, ici les gens roulent comme des tarés". Moi qui n'avais peur de rien avec les Toulousains déchaînés sur leur accélérateur, je ravale ma fierté devant les fous du volant qui dépassent le bus arrêté. Le chauffeur à plat ventre sous le véhicule ne semble pas plus impressionné que ça par les tabanars qui le frôlent à fond la caisse. La nuit tombe, les moustiques se mettent de la partie. Se répéter : TOUT VA BIEN.

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1h30plus tard (oui vous avez bien lu), nous voilà repartis. Comme de juste, le chauffeur écrase le champignon pour rattraper le temps perdu. Autour de nous, le noir complet. Pour notre premier voyage hors de Nouméa, nous avons choisi le village le plus au nord et le plus éloigné de la capitale. J'ai l'impression de m'enfoncer dans l'inconnu le plus total. Heureusement le monde est petit, la cousine de Gary est assise devant nous dans le bus, et nous indique quand demander au chauffeur de s'arrêter. Ce sera un vague embranchement non éclairé en rase campagne. Une fois descendus, nous voilà seuls, avec pour seule compagnie des voitures stationnées qui hurlent du Kaneka –la musique locale– sous les étoiles. Ca sent le joint à plein nez, les gens autour de nous, dont nous distinguons à peine la silhouette, trinquent à la bière du coin. Pas de traces de Gary, qui n'a pas de portable.  Il est 1h30 du matin, TOUT VA BIEN.

 

Arrivée en tribu

20 minutes plus tard, Gary finit par nous retrouver. Privilège de filles, sa cousine et moi montons avec lui dans les 3 places du pick-up tandis que Romain et Bastien se hissent sur la plate-forme. En plein milieu de nulle part, nous nous engageons l'air de rien sur des routes défoncées, avalons les lacets, évitons les ornières, dépassons chiens, poules et chevaux sauvages, tout cela sous un ciel constellé d'étoiles. Au loin, la vallée de Ouegoa finit par se profiler, nappée de nuages qui brillent sous la lune tout sourire (ici, point de croissant de lune mais une jolie banane rigolarde : vous êtes dans l'hémisphère sud !). Le paradis commence à pointer le bout de son nez. Mais se mérite encore.
2h30 du matin, nous débarquons dans la tribu. Sans rien avoir attendu de précis, nous découvrons un rien surpris des maisons aux murs de parpaings et toits en tôle, avec électricité et eau courante, entourées de végétation luxuriante. Au fond du jardin, un cheval broute placidement, une meute de chiens au poil court nous accueille fébrilement. Épuisés, nous rejoignons une chambre laissée à notre intention. Gary nous annonce le programme du lendemain : chasse aux cerfs en montagne. Départ dans une heure. Il est 3h, je suis levée depuis presque 24h.


Comme promis, il vient nous souquer à 4h du matin. Les yeux encore collés par le sommeil, nous avalons péniblement un chocolat chaud en poudre et saluons son adorable maman, "Mam", levée pour nous souhaiter la bienvenue, et son papa, Alain. C'est l'heure de "faire la coutume", un geste ancestral que toute personne accueillie chez un Kanak doit accomplir pour le remercier de son hospitalité.

Nous sortons donc un Manou (morceau de tissu coloré), un paquet de tabac, un pain de savon et un billet de 1000 F (environ 9 €) en gage d'humilité et de remerciement. Nous nous rendrons très vite compte à quel point c'était peu au regard de la générosité, de la gentillesse et du grand sens de l'hospitalité dont la famille de Gary fera montre à notre égard tout au long de ces deux jours. Celui-ci nous présente donc à ses parents tout en expliquant notre venue. Avec beaucoup d’humilité, les voici qui nous remercient de notre visite et nous souhaitent la bienvenue. L’accueil fait chaud au cœur.

 

Partie de chasse dans les montagnes

Il est 4h30, nous sommes sur le départ. Pour l’occasion, Gary me prête un pantalon treillis ; avec mes énormes chaussures de rando et ma casquette enfoncée sur les oreilles, j’ai l’impression de m’équiper pour une sortie dans la jungle. C’est exactement ça.

 

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Départ au petit matin

Nous partons en pick-up dans une nuit totale. Après 20 minutes de piste, nous rejoignons les cousins et nous mettons en route au pied de la montagne. Au total, nous marcherons plus d’une heure dans la nuit noire. Pas facile quand il faut se frayer un chemin dans des herbes qui m’arrivent à la poitrine et qui s’accrochent à nos vêtements. Nous traversons des forêts, des ruisseaux, nous grimpons des talus, escaladons des tertres, trébuchons, ahanons, tout cela dans le noir le plus total. Quand le sentier se met en grimper, nous comprenons que nous attaquons les montagnes, sans trop les voir. Ce n’est qu’une fois au sommet que nous les découvrons au lever du soleil. Qu’il est étrange de dominer du regard le chemin parcouru, sous un ciel qui devient éclatant en l’espace de quelques minutes… Il est à peine 6h, nous sommes en sueur, la tête qui tourne sous la fatigue et l’effort. Et la chasse ne fait que commencer.

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Nous, on vient de toooouuut là-bas...

 

Les Kanak chassent le cerf (prononcez « cerfe » à la mode locale), introduit par les colons au XIXe siècle, et qui maintenant ravage la flore. Sans prédateur naturel, l’Etat a fait appel aux chasseurs pour décimer les troupeaux : à chaque mâchoire ramenée, une récompense, plus élevée si c’est une femelle. Cependant, les Kanak chassent pour manger –de son propre aveu, Gary n’a jamais acheté de viande. Au menu de la tribu, vous trouverez veau et bœuf sauvages, cerf, poissons etc. Le tout bien évidemment garanti sans OGM ni farines animales.

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Lever de soleil sur les montagnes

 

Installés à notre poste d’observation, assis dans les herbes trempées de rosée, sans ombre aucune, nous faisons face à la vallée. Et attendons. Attendons. Attendons… Avec une heure de sommeil dans les pattes, on a connu mieux. Sur deux autres versants, deux autres groupes attendent, vigilants, que les rabatteurs en bas ramènent du gibier. Le soleil se lève tranquillement, nous sommes au beau milieu de nulle part, entourés par de grands monts verdoyants et déserts. Les moustiques commencent à attaquer, nous suons à grosses gouttes, et scrutons désespérément les montagnes à la recherche de…

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Ca y est, une biche ! Moi je n’y vois que dalle, tandis que Gary a repéré l’ombre d’une oreille. Sa vue est impressionnante, tandis que je galère, pourtant bien équipée de lentilles de contact et de lunettes de soleil. Tous les chasseurs sont à l’affut. Au loin, les clébards aboient furieusement. Notre chasseur nous fait signe de nous boucher les oreilles, puis sort sa carabine, et tire. Une fois, deux fois, trois fois. La bête est touchée, mais n’arrête pas sa course pour autant. A notre grand désappointement, nous ne la retrouverons pas.

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Notre chasseur à l'affut

 

Résultat des courses

seul l’un des cousins aura tué deux bêtes, de deux coups. Avec Gary et Bastien, nous descendons en chercher un, jeune mâle aux bois encore tendres. Le corps est fumant, sa gueule encore pleine d’herbes : le coup l’a arrêté net alors qu’il broutait. Sans prendre le temps de s’émouvoir, Gary sort son long couteau accroché à sa ceinture, et commence à dépecer la bête à même le sol tout en détaillant ses gestes à notre demande. D’abord les parties génitales, qu’il tranche d’un coup sec et balance au loin, « pour les chiens ». Puis l’abdomen, ouvert d’un coup vif et précis, les hanches qu’il sépare en deux dans un craquement, les tripes et boyaux, arrachés à pleines mains mais dont il garde le gras –« le meilleur »–, les rognons et le foie, récupérés dans un coin, l’estomac, tout blanc et gonflé, sorti prestement. En brisant la poitrine, Gary entrouvre les côtes avec fracas et se débarrasse des poumons pour saisir le cœur fumant qu’il réserve avec les abats. Au fond, un gargouillis de sang chaud qu’il évacue rapidement. La bête est vidée en un tour de main. Dans la foulée, notre chasseur découpe les pattes antérieures et la tête, gardant la mâchoire qu’il a dépouillée. Le western calédonien s’achève lorsque les garçons hissent la dépouille amputée sur la croupe du cheval du cousin. Seuls au milieu de la brousse, le portrait est pour le moins… vivant.

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Notre cheval chargé des deux cerfs

Le retour est lent, joyeux, sous un soleil de plomb qui achève de nous tremper de sueur. Les genoux tremblent sous l’effort, la descente n’est pas plus facile que la montée, les ronces pas moins féroces, mais le cœur est léger, saisi d’étonnement d’avoir vécu, l’espace de quelques heures, « à la kanak », à l’écart total du reste du monde. Que Nouméa parait loin !

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Bastien, microscopique au milieu de la brousse

 

Deux jours de bonheur

Que dire des jours suivants si ce n’est que la douceur de vivre kanak m’a définitivement ravi le cœur ? Sieste sur la natte, baignades dans la rivière au soleil ou au clair de lune, plongeons sous les bambous, repas en famille ou en tribu, steaks de cerf au barbecue ou marinade de veau aux oignons, banquet pour le bénissement des ignames (cérémonie traditionnelle kanak), salade tahitienne au thon cru et lait de coco… Le tout à grand renfort de sourires et de bonjours (impossible de passer devant un Kanak sans le saluer et se présenter) sous le soleil de Ouegoa, sans internet ni téléphone. Et si c’était ça le bonheur ?

Le retour est un crève-cœur.

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Lecture au fil de l'eau

 

Si vous n'êtes jamais  montés en voiture avec un Kanak

vous n'êtes jamais montés en voiture du tout. Quand la station service ferme dans une demi-heure, que vous êtes coincés sur des petits lacets de montagne aux routes vaguement goudronnées, évitez de trop regarder le paysage. On ne sait jamais, une légère nausée pourrait alors s'inviter... Mais ne vous inquiétez pas, votre chauffeur vous indique à l'aide d'un tonitruant "oh putain sa mère l’onculé !" lorsque la bagnole rencontre un nid-de-poule, afin de vous aider à sauter en cœur du haut de ses petits 110 km/h. "Ici on fait réviser les voitures tous les mois. Pour les suspensions, les pneus, tout ça." Sans blague… Et c'est sans compter les feux de croisement en panne : Ouegoa-Nouméa, 5h de route. "Départ 18h, comme ça on évite les gens, parce que rouler juste avec les veilleuses, c'est un peu chaud. Bon t'inquiète, quand je double, je mets les warning" Ah. Bon. L'aventure, je vous dis...

 

Sarah* le coeur en brousse

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 09:08

Avouez, vous avez toujours rêvé de connaitre la vie sous les tropiques de l’hémisphère sud version Pacifique-îles-de-rêve. Ne cherchez plus, je vais tenter de vous en donner un petit aperçu. Six mois sont prévus sous le soleil de Nouméa, de quoi vous faire un peu saliver. Arrêtez-moi quand ça devient dur à supporter sous la grisaille métropolitaine…


*


Le plus simple serait de commencer par : « le voyage s’est très bien passé ». Puis de lâcher un gros soupir qui en dit long. A peine trente petites heures passées à sillonner les continents (l’Afrique avec Dubaï, l’Asie avec Bangkok, et enfin l’Océanie avec Sydney puis Nouméa), vingt-quatre à baigner dans notre jus sur les fauteuils des avions, le dos en vrac… mais le sourire aux oreilles lorsque notre A320 survole le lagon de Nouvelle-Calédonie. Je vous donne dans le mille : eaux turquoise, atolls éparpillés à perte de vue, îlots disparaissant sous la végétation, il est 16h30 heure locale, nous atterrissons le 2 mars 2012 sur le « Caillou[1] » à l’aéroport de Tontouta.

Par une chance inouïe, nos bagages nous ont suivis malgré nos trois escales, et nous débarquons le sourire en bandoulière. Première impression : la Nouvelle-Calédonie, qu’est-ce que c’est vert ! Et chaud ! Et humide ! Le soleil déjà déclinant nous suit le long de l’autoroute qui nous conduit à Nouméa ; très vallonnée, la 4 voies contourne les innombrables monts qui parcourent le territoire, offrant aux regards d’alléchantes perspectives de randonnées sauvages vers les plus hauts sommets ; des plages se dévoilent, des plans d’eaux, des lagunes, des mangroves… Le panorama est superbe, ça y est, je suis amoureuse. Notre chauffeur de taxi kanak nous parle avec un plaisir évident de son pays, évoquant les transformations touristiques, les lieux à voir, les activités à pratiquer… Autant d’informations que nous buvons avidement.


L’étape suivante, celle qui m’a définitivement chevillée Nouméa au cœur à peine une heure après mon arrivée sur place, est la découverte du logement, gracieusement mis à disposition par mon gouvernemental employeur. T3 refait à neuf, cuisine toute équipée, chambres climatisées, jardin et… vue sur la mer (de la chambre et du salon), excusez du peu. A peine le temps de s’extasier que nos voisins du dessus viennent à notre rencontre et nous offrent la bière de l’amitié. Déjà trempés de sueur, à peine débarqués de nos avions, nous voilà les fesses sur la pelouse, à l’ombre du cocotier, à faire connaissance –4 étudiants en pharma installés à Nouméa depuis presque un an. L’accueil se poursuit lorsque nos aimables voisins nous conduisent en voiture au supermarché du coin, histoire d’acheter deux trois trucs pour le barbecue prévu l’heure suivante. Le temps de s’horrifier devant les prix (5€ les 500 g de salade ?!), mais pas de quoi nous décourager pour le reste de la soirée. Thon frais au barbec’, couscous maison, tarte maison poires-chocolat, on ne s’en fait pas… Les anecdotes sur la vie à la calédonienne fusent. Au son de ce qui ressemble à un gros grillon en chaleur, une des convives lance « nous ici, on tue les sauterelles à la carabine ». De quoi rigoler… jusqu’à ce qu’Anne-Claire nous montre, perchée dans notre cocotier, une sauterelle de la taille d’un rat. Ah. Bon. D’autres choses à savoir sinon ? (On n'a pas les photos parce qu'on était trop occupés à dévorer notre thon, mais vous pouvez voir à quoi ça ressemble ici).

 

*


Ca, c’était la première journée, et les premières impressions, histoire de donner des nouvelles. Sans doute moins de blablas la prochaine fois, et surtout, des photos ! (Bastien est au taquet, on va vous inonder de clichés, NO WORRIES)

 

Pacifiquement vôtre,


Sarah

 

Vue-maison.JPGVue du salon. Et il pleuvait.

 



[1] Terme affectueux donné par les habitants à la Nouvelle-Calédonie.

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