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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 09:08

Avouez, vous avez toujours rêvé de connaitre la vie sous les tropiques de l’hémisphère sud version Pacifique-îles-de-rêve. Ne cherchez plus, je vais tenter de vous en donner un petit aperçu. Six mois sont prévus sous le soleil de Nouméa, de quoi vous faire un peu saliver. Arrêtez-moi quand ça devient dur à supporter sous la grisaille métropolitaine…


*


Le plus simple serait de commencer par : « le voyage s’est très bien passé ». Puis de lâcher un gros soupir qui en dit long. A peine trente petites heures passées à sillonner les continents (l’Afrique avec Dubaï, l’Asie avec Bangkok, et enfin l’Océanie avec Sydney puis Nouméa), vingt-quatre à baigner dans notre jus sur les fauteuils des avions, le dos en vrac… mais le sourire aux oreilles lorsque notre A320 survole le lagon de Nouvelle-Calédonie. Je vous donne dans le mille : eaux turquoise, atolls éparpillés à perte de vue, îlots disparaissant sous la végétation, il est 16h30 heure locale, nous atterrissons le 2 mars 2012 sur le « Caillou[1] » à l’aéroport de Tontouta.

Par une chance inouïe, nos bagages nous ont suivis malgré nos trois escales, et nous débarquons le sourire en bandoulière. Première impression : la Nouvelle-Calédonie, qu’est-ce que c’est vert ! Et chaud ! Et humide ! Le soleil déjà déclinant nous suit le long de l’autoroute qui nous conduit à Nouméa ; très vallonnée, la 4 voies contourne les innombrables monts qui parcourent le territoire, offrant aux regards d’alléchantes perspectives de randonnées sauvages vers les plus hauts sommets ; des plages se dévoilent, des plans d’eaux, des lagunes, des mangroves… Le panorama est superbe, ça y est, je suis amoureuse. Notre chauffeur de taxi kanak nous parle avec un plaisir évident de son pays, évoquant les transformations touristiques, les lieux à voir, les activités à pratiquer… Autant d’informations que nous buvons avidement.


L’étape suivante, celle qui m’a définitivement chevillée Nouméa au cœur à peine une heure après mon arrivée sur place, est la découverte du logement, gracieusement mis à disposition par mon gouvernemental employeur. T3 refait à neuf, cuisine toute équipée, chambres climatisées, jardin et… vue sur la mer (de la chambre et du salon), excusez du peu. A peine le temps de s’extasier que nos voisins du dessus viennent à notre rencontre et nous offrent la bière de l’amitié. Déjà trempés de sueur, à peine débarqués de nos avions, nous voilà les fesses sur la pelouse, à l’ombre du cocotier, à faire connaissance –4 étudiants en pharma installés à Nouméa depuis presque un an. L’accueil se poursuit lorsque nos aimables voisins nous conduisent en voiture au supermarché du coin, histoire d’acheter deux trois trucs pour le barbecue prévu l’heure suivante. Le temps de s’horrifier devant les prix (5€ les 500 g de salade ?!), mais pas de quoi nous décourager pour le reste de la soirée. Thon frais au barbec’, couscous maison, tarte maison poires-chocolat, on ne s’en fait pas… Les anecdotes sur la vie à la calédonienne fusent. Au son de ce qui ressemble à un gros grillon en chaleur, une des convives lance « nous ici, on tue les sauterelles à la carabine ». De quoi rigoler… jusqu’à ce qu’Anne-Claire nous montre, perchée dans notre cocotier, une sauterelle de la taille d’un rat. Ah. Bon. D’autres choses à savoir sinon ? (On n'a pas les photos parce qu'on était trop occupés à dévorer notre thon, mais vous pouvez voir à quoi ça ressemble ici).

 

*


Ca, c’était la première journée, et les premières impressions, histoire de donner des nouvelles. Sans doute moins de blablas la prochaine fois, et surtout, des photos ! (Bastien est au taquet, on va vous inonder de clichés, NO WORRIES)

 

Pacifiquement vôtre,


Sarah

 

Vue-maison.JPGVue du salon. Et il pleuvait.

 



[1] Terme affectueux donné par les habitants à la Nouvelle-Calédonie.

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 00:44

P1030220.JPGNational AIDS Memorial Grove,Golden Gate Park, San Francisco, California

Memorial dédié aux victimes du SIDA


Je ne sais pas si c’est la fin des cours qui me donne envie d’évoquer ce sujet, mais il est vrai que je viens de m’apercevoir que je ne l’avais jamais évoqué ici alors que j’en parle toute la journée depuis maintenant plus d’un an. Peut-être, me direz-vous, est-ce parce qu’aujourd’hui est le dernier jour de TOUTE ma vie et que je vais devoir, sous très peu, me frotter à la vie professionnelle et à ses réalités. Et donc affronter ce cheminement si stressant, j’ai nommé : la recherche d’un travail.


Maintenant que nos profs ne sont plus là pour nous dicter nos devoirs, sur qui vais-je pouvoir cracher allégrement lorsque les choses foirent ? La réponse est simple : sur moi-même. Dur constat, je vais désormais être le maître (la maîtresse !) de ma propre destinée selon l’expression consacrée, et voler de mes propres ailes… ou me les brûler méchamment, qu’en sais-je ?! Des perspectives effrayantes se dessinent : chômage ou boulot inintéressant, dans un coin moche et reculé, mal payé… La question se dessine donc : après 20 ans d’école, dont 5 années d’études supérieures et 2 à se spécialiser, que va-t-il se passer ?


C’est ici que je me dois de placer cette citation qu’on a rapportée à mes oreilles mercredi dernier : lors de son passage l’année dernière à l’IEP, M. Chevènement aurait commenté ma spécialité auprès de notre directeur selon ces mots « Mais vous allez réussir à leur trouver un boulot, à ces étudiants du master "Politique, Discriminations, Genre" ? ». Merci Jean-Pierre, c’est vrai qu’on avait attendu ta remarque si pertinente pour commencer à s’en inquiéter. Cependant, j’avoue que cette question s’impose aujourd’hui à moi avec impériosité, et que je dois bien y répondre. Parce que c’est vrai, en fait, lutter contre les discriminations, c’est beau, c’est chouette, mais pour quoi faire, au juste ?


Lors d’un travail de groupe réalisé cette semaine, nous avons commencé à élaborer quelques réponses aux inconvenants qui pourraient avoir l’audace de nous poser cette question. Je vous cite quelques perles dont je ris encore :


- Mais travailler pour les droits des femmes, à quoi ça sert en fait ?

- Oh, à faire joli (avec la voix sucrée qui va avec).

 

Ou :

 

- L'égalité, mais pourquoi concrètement ?

- Ben on m’a aussi proposé de travailler pour l’inégalité, alors c’est vrai, j’ai hésité, inégalité ou égalité ?

  

 

Etc. Je sais, ça vous laisse un petit goût d’inachevé, je botte en touche, je sais, je sais. J’en viens donc à la deuxième remarque qu’on a pu me faire également cette semaine, à savoir : « mais tu ne trouves pas ça communautariste de bosser pour une minorité ? Tu ne trouverais pas plus exaltant et somme toute plus pertinent de bosser pour l’ensemble de la société, pour l’intérêt général ? ». Ici, je dois avouer que j’ai changé mon discours. Disons que je suis toujours aussi farouchement attachée à cette grande idée républicaine d’égalité, mais qu’en un an, j’ai largement eu le temps de prendre conscience qu’on nous vendait du flan. Certes, il est plus exaltant et transcendant de tendre vers un projet commun de société, où nous serions tous attachés aux mêmes valeurs droitsdel’hommiste, universelles et fédératrices, mais il arrive ce moment fatal où les vraies questions se posent : mais en fait, ces valeurs républicaines, c’est quoi ? Et qui les pense, qui les applique au quotidien ? Malheureusement pour nos valeurs humanistes, en l’état actuel des choses, l’image du citoyen idéal est un homme, blanc, hétérosexuel, français « de souche », bourgeois. Voici les valeurs qui sous-tendent toute notre société. Je dis bien, toute notre société. A mon grand regret, j’ai donc dû régurgiter les Lumières qui m’avaient tant enthousiasmée au lycée, ces philosophes si grandioses qui ont conduit à une Révolution… bourgeoise, blanche, masculine ; j’ai dû revoir les belles promesses de notre pacte républicain, qui laissent sur le tas les noirs, les femmes, les homosexuel-le-s, les personnes handicapées, les étrangers et j’en passe et des meilleures. Tous ces beaux projets qui sont sensés guider notre société ont foiré.


La preuve ? Notre société discrimine. Tout le temps. De notre naissance à notre mort, nous sommes tous victimes des limites du système, certain-e-s plus que d’autres (que dire de la femme qui est aussi pauvre et noire ? Rappelons-nous Roselyne Bachelot en mai 2007 : « [Rama Yade] est femme et noire, elle va être promue. Heureusement qu’elle n’est pas lesbienne et handicapée, sinon elle serait Premier ministre[1] ») Chacun-e, nous cumulons les handicaps ; demandez à la femme qui ne peut annoncer son désir de fonder une famille à son/sa patron-ne de peur d’être licenciée, demandez à l’homosexuel-le qui ne peut raconter son week-end en amoureux le lundi au boulot à la machine à café, etc. Notre vie est parsemée de violences, symboliques ou non, de véritables injonctions à ressembler à un modèle idéal. Et ce modèle, à quoi ressemble-t-il ? Au risque de me répéter : un homme, blanc, valide, hétérosexuel, français, catholique. Si tu sors du cadre, tu fais face à ce mot honni : la discrimination.


Je peux donc revenir à mon propos principal : travailler contre les discriminations n’est pas propulser un groupe minoritaire (encore que, même si on a tendance à l’oublier dans ce discours, les femmes représentent quand même 50% de la population) au-dessus ou le favoriser par rapport à un autre. Ce discours est à la fois rétrograde et aveugle : quand une partie de la population ne vote pas, ne s’exprime pas, n’a pas les mêmes droits que d’autres, c’est la démocratie et le principe même de l’Etat de Droit qui vacillent. Les bases de notre République démocratique sont vaseuses, pataugent, s’enlisent. Il reste tant à repenser que j’en ai le vertige. Voilà à quoi je souhaite m’adonner pour les années à venir.


Car, enfin, les discriminations révèlent en creux les faillites du système tel que nous le vivons au quotidien, et l’on ne peut se satisfaire de ces statistiques effarantes ! Les femmes gagnent en moyenne 27% de moins que les hommes[2], malgré les lois et accords interprofessionnels promouvant l’égalité salariale ; 6 % des habitants des Zones urbaines sensibles ont un diplôme universitaire supérieur contre 16 % de la population qui réside hors de ces territoires[3]. Les discriminations sont toujours présentes, et les inégalités se creusent (0,01 % des individus les plus riches ont gagné 180 000 euros de revenus annuels supplémentaires entre 2004 et 2008, c’est-à-dire 14 années de SMIC[4]) : comment peut-on accepter ces constats aujourd’hui ? Les lois nous protègent, nous encouragent, mais la situation est toujours présente.


L’une des conclusions les plus difficiles à avaler, car dure à combattre, est que le système entier produit des discriminations : il n’est pas question de stigmatiser le mec raciste qui fait des blagues sur les Noirs, on est bien dans des discriminations systémiques, indirectes, non intentionnelles pour la plupart. On crée structurellement des inégalités de traitement fondées sur des critères illégaux (définition juridique de la discrimination), ce qui fait que nous participons tous à un système qui opprime certaines catégories de la population. Ce constat est effarant car la suite logique est : comment combattre un système entier ?


C’est ici que je cherche à apporter ma pierre à l’édifice. Modestement, certes, mais je ne peux tolérer plus longtemps d’être actrice de ce système inégalitaire et discriminant. Il y a trop d’injustices, si violemment vécues au quotidien : il ne s’agit pas que de moqueries quotidiennes, encore que le harcèlement est puni par la loi (et ce d’autant plus s’il est fondé sur l’un des 18 caractères cités dans l’article 225-1 du Code Pénal), mais aussi de violences physiques, qu’elles soient sexistes, racistes ou homophobes (rappelons tristement qu’en 2007, 166 femmes sont mortes en France sous les coups de leur conjoint[5]). C’est intolérable, et ce doit être un combat global et collectif.


Les mentalités doivent changer, ici est la première pierre à poser pour faire progresser nos pratiques à tous. Souvent, je m’indigne, mais me sens bien impuissante. Et puis, qui suis-je pour faire la leçon à mes amis, mon entourage, ma famille lorsqu’ils font acte de préjugés ou de stéréotypes qui entretiennent ou renforcent des discriminations ? Je n’ai aucune prétention à détenir la vérité, me détachant moi-même peu à peu de tous mes préjugés et stéréotypes discriminatoires sans pour autant y parvenir totalement ; je veux juste faire partie de ceux qui interrogent notre système politique et notre société dans sa globalité. Moi qui suis fille, petite-fille et arrière-petite-fille de profs, je ne peux me satisfaire de savoir que l’école, ce haut lieu républicain, renvoie les élèves à leur milieu d’origine sans leur permettre cette ascension sociale que vante tant notre système soi-disant méritocratique[6]. Chaque sous-système social est traversé d’inégalités intolérables qui doivent être combattues : l’école, mais aussi le sport, le monde de l’entreprise... tout, absolument tout est facteur de discrimination.


Au final, je suis intimement convaincue, et je le vis ainsi, que lutter contre les discriminations est une profession de foi intimement politique. Pis, une absolue nécessité, vers plus de justice sociale, de bien-vivre et de vivre-ensemble. Je ne veux ni m’encarter ni me syndiquer, je me prononce sur l’universalité de cette lutte, qui devrait concerner aussi bien les militants de droite que de gauche, les vieux comme les jeunes, les femmes comme les hommes, et ainsi de suite. Si vous acceptez que d’autres que vous soient discriminés, attendez-vous à en être vous aussi victime un jour ou l’autre, plus ou moins violemment.


Ceci étant, je vous remercie d’avoir lu ce manifeste jusqu’au bout, et vous convie, quand vous voulez, à engager la conversation sur ce sujet plus que brûlant qui je l’espère vous a interrogé comme il m’interroge tant depuis toujours. Pour citer Stéphane Hessel : « Indignez-vous[7] ! »



[6] BOURDIEU Pierre & PASSERON Jean-Claude, La reproduction. Eléments pour une théorie du système d'enseignement. Paris, Editions de Minuit, 1970

[7] HESSEL Stéphane, Indignez-vous !, Montpellier : Indigène éditions, collection « Ceux qui marchent contre le vent », 2010, 32 p

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 23:07

 


  "Loin de Paname", Faubourg 36, réalisé par Christophe Barratier 

 

 

M+1 : il y a un mois, mes valises et moi débarquions à Paname, histoire de nous frotter à la vie parisienne ainsi qu’aux grandeurs et décadences de la capitale. Car dans la liste des choses à faire avant de mourir en paix, il y a « essayer Paris ». Quelques brèves à un tiers du trajet.

 

*

 

Centrale-Paris

« Maaaais c’est paaaas Paaaaaris, c’est la banlieeeeeeeue ! » Shut up pleaaaase, and let me explain…

Le squattage en règle a commencé le week-end de l’ascension chez Anne, quelque part au sud de Paris, dans la 2e école d’ingénieur de France, 'scusez. A noter : une arrivée dantesque sous un ciel secoué par l’orage, déchiré d’éclairs et sous une pluie battante. Au sein des plaines de la Beauce, le paysage extra-plat nous laisse découvrir au loin un décor de fin du monde, Paris au loin subissant les premières foudres d’été, tandis que nous avançons en voiture, entourées des milliers d’autres Parigots qui ont eu la même idée géniale que nous : se taper les bouchons de retour de week-end en pleine nuit.

Mais qu’à cela ne tienne, le papotage va bon train, les Pringles subissent une raclée et nous avançons, lentement vers sûrement, vers le noooord. Enfin, Paris quoi. L’accueil est chaleureux (le gâteau basque y fait beaucoup), et je découvre la piaule d’Anne. Fidèle à elle-même, voici qu’elle me dégotte en deux-temps-trois-mouvements matelas et sac de couchage à une heure du matin passée, que nous installons aussitôt au milieu d'un joyeux fatras.

 

Au final, je passe plusieurs jours à rencontrer amis et collègues de ma logeuse, nous paye le luxe d’un resto à Versailles où Anne joue sa femme d’affaires overbookée, obligée de récupérer son téléphone mis à charger dans un coin car il sonne trop souvent (véridique !), sort au DoMac de Châtenay-Malabry qui devrait plutôt s’intituler « QG Centrale » tant les élèves-ingénieurs y dînent nombreux , découvre avec joie la pièce Que faire ? au théâtre de La Colline grâce à la chouette invitation de Vincent (et au désistement fort-à-propos d’Arthur), squatte avec enthousiasme le temps d'une nuit chez ma coloc et son coloc (mais qui lui n’est pas mon coloc, vous suivez ?), expédie les dernières tracasseries de mon installation à Paris… tout en m’abîmant trop souvent dans la contemplation de la pluie en Île-de-France (à Toulouse, on ne connaît plus) dans les interminables trajets en RER.

 

En fait, on dirait pas, mais l’aventure commence vraiment. Mais vraiment on dirait pas. Transition en douceur en fait. Merci Anne-Vincent-Caro-Valentin-Arthur-etc.

 

Week-end Montalbano-toulousain

Le stage à peine commencé, il est déjà temps de partir en week-end prolongé. Quoi de mieux pour l’entamer qu’un bon resto Place d’Italie entre potos ? L’occasion de découvrir the Anne’ suitor, charmant centralien fraîchement débarqué d’Allemagne (vous comprenez mieux pourquoi j’ai vidé les lieux la veille), et de déguster un bon Bordeaux… qui se révèle en faitt dégueulasse... mais se laisse boire tout de même par notre bande de joyeux ivrognes.


Le temps d’un métro, je débarque gare d’Austerlitz, passage obligé pour tous les Toulousains souhaitant regagner leur pays à la faveur de la nuit. Je goûte avec délice l’effervescence des départs en vacances qui gagne les Parisiens survoltés. L’air est électrique. Dans les voitures bondées, je bous d’impatience sur mon siège inclinable inconfortable, mais succombe finalement aux bras de Morphée. Pour finalement rouvrir les yeux sous le soleil matinal du pays montalbanais ; que le sud est beau… Il y a quelque chose de magique à admirer un tel paysage dans un wagon silencieux, les yeux encore embrumés par le sommeil, dans la lumière dorée du lever du jour… D’autant plus que l’arrivée est attendue avec impatience...

Je crois que les adieux sur un quai de gare sont aussi tristes à mourir que les retrouvailles sont douces et excitantes. Je suis persuadée que, si d’aventure je me prenais à me poster le long d’un quai, je pourrais imaginer mille histoires sur ces tranches de vie si intenses qui s’y déroulent : larmes, sourires, silences, rictus… Mais qu’y a-t-il de plus exaltant que de se savoir attendue ? Je me souviens encore de ce regard jeté par la fenêtre pour l’y découvrir m’attendant…

Je flotte, aérienne. Une parenthèse dorée s’ouvre notre week-end, la gare est ici témoin d’un moment de grâce. J’aime.

 

La pudeur voudra que je survole ces trois jours d’une plume légère, portée par... le bonheur d'être ensemble, tout simplement ?

 

A la mesure de cette douceur si éphémère, je retrouve le train avec un déplaisir non dissimulé. Cette fois-ci, je traîne des pieds. Comment peut-on éprouver tant de sentiments contradictoires en un même endroit ?

Heureusement, après une nuit de cinq petites heures de sommeil précédent l’interminable première journée de boulot de la semaine, je pose mes pénates avec délectation chez Debbie, dans sa ravissante demeure. C’est peut-être "Versailles", mais qu’il est doux de se poser dans un coin du canapé sous les petites loupiottes disséminées ça et là à papoter entre colocs… A trop vivre en appartement, je crois que j’en oublie le luxe de l’espace ; je crache sur le « bassement matériel », mais, qu'on me donne une ambiance de maison d’enfance où l’on sent les années passées à grandir, les souvenirs qui imprègnent les murs, et j'y fons avec bonheur… De quoi me réconcilier avec la maison et ses symboles honnis ?

 

Midnight in Paris

La semaine, une fois encore, file à toute vitesse : métro-boulot-dodo. Au milieu, des soirées à droite à gauche, histoire d’oublier qu’à travailler huit heures par jour, on ne trouve plus le temps de rien. Heureusement, il est enfin temps de poser mes valises dans une coloc fort conviviale : la vie parisienne telle que je l’imagine peut enfin commencer. Merci à Johnny et ses colocs pour l'hébergement :)).

 

Vendredi arrive et me trouve un sac de pique-nique à la main, Pont des Arts. J’ai mal au cou à force de lever la tête pour admirer les rues de Paris. La Seine, l’hôtel de ville, tout me semble charmant, jusqu'au plus petit square embusqué à quelque angle de rue. Qu’il est drôle de se retrouver entre Toulousaines d’adoptions dans ce lieu mythique, à deux pas de l’île de la Cité et sa cathédrale… Les conversations vont bon train : je voyage par procuration à Berlin, m’imagine attachée sénatoriale, appréhende l’arène sans pitié des assurances, débite, volubile, mes connaissances toutes fraîches sur l’adoption internationale… tout en savourant les mets simples apportés et aussitôt dévorés.

La soirée ne fait que commencer, puisque nous bougeons ensuite vers Saint Michel et le quartier Latin. Rien que de penser aux révolutionnaires de Mai 68, j'ai le coeur qui en bat la chamade ; mais bon, je sais, ce n’est qu’un événement parmi tous les autres faits historiques grandioses qui ont eu lieu à Paris… Pourtant, comment ne pas se balader dans les rues de Paname sans se murmurer autre chose que « mythique, mythique, mythique » ?

Une fois en terrasse et rejointes par deux Isérois et un Manceau (improbable, donc j’aime), nous essuyons une mini-tempête que n’aurait pas reniée un Breton. Après deux ou trois coups furieux de store en plastique en pleine tête et autres grelottements, nous nous séparons. Troisième partie de soirée, nous voilà.

 

Tim décide de me faire découvrir Montmartre by night ; je ne vais pas être déçue… Les bars se succèdent, les clopes aussi, le vin rouge se boit sur les marches du Sacré-Cœur au cœur de la nuit, les pavés se succèdent sous nos pieds, nous sillonnons le dix-huitième. Il pleuvouille, il fait chaud, il fait froid, nous marchons où le vent nous porte. Alors, c’est ça une soirée parisienne à la Louise Attaque ? J’aime.

A quatre heures et demi, nous décidons de rentrer à pied dans le centre-ville : il pourrait être vingt-et-une-heure, ce serait pareil. Les rues sont encore pleines de promeneurs noctambules, déambulant dans les artères à la manière d’un Owen Wilson woodyallénien. Je me sens au cœur d’une gigantesque toile où nous serions tous reliés par des fils invisibles, comme autant de rencontres improbables, de mots échangés à la faveur d’une clope allumée par un inconnu. La cité est vivante, grouille, respire. Non sans peine, nous dépassons de nombreux sans-abris livrés à la ville vorace qui attire en son sein les âmes perdues. Sont légion les matelas installés à même le sol à côté des bouches de métro, ou bien les immigrés paumés et abandonnés, engoncés dans leurs sac de couchage puants la pauvreté et la détresse. Une face de Paris que l’on aimerait oublier après la poésie de Montmartre…

Arrivés à République, l’appel du MacDo se fait entendre au Manceau affamé. Le hasard place sur notre route une improbable boulangerie, bondée de clients, ouverte à cinq heures et demi. Quand nous l’interrogeons, le vendeur nous répond fort malaimablement (que voulez-vous, c’est un Parisien !) que son pain ne peut décidément pas être frais à cette heure indue de la nuit. Et de nous le donner de mauvaise grâce ; nous gardons notre monnaie, interloqués, et nous enfuyons presque, la baguette sous le bras (so Frenchy).

Je ne saurais décrire cette impression de plein contentement qui nous a emplis lorsque, installés sur notre banc trempé de l’avenue, nous nous sommes tartinées nos rillettes en attendant le premier métro. J’aurais aimé crier au monde cette drôle de soirée, cette fin en point d’orgue dans le matin naissant. Ne pouvant faire mieux, j’ai publié sur Facebook. Je suis incurable.

 

Il m’a fallu du courage pour siroter mon cocktail maison à Clamart le lendemain soir, mais tout n’était que convivialité, bonheur de se retrouver (malgré le fait que l’on fête un départ), et déconne à gogo. Le tarot a retrouvé ses adeptes, Skype une forte utilité lorsqu’il s’est agit de saisir notre exilé new-yorkais à propos d’une affaire de la plus haute importance (Vincent devait-il vraiment boire ses quarante-huit gorgées d’alcool ? L’expert a dit oui), et un passant pervers a bénéficié d’un spectacle de qualité à la fenêtre. Le reste est classé secret-défense.

Sur le chemin du retour le lendemain matin, me voilà réembusquée pour le soir-même à un charmant anniversaire banlieusard, où je découvre de non-moins charmantes Parisiennes du meilleur cru, fais des rencontres très théâtrales et commande des pizzas Domino’s au coin de la rue. J’aime.

 

Solidays

Aïe, il est tard. Le temps me manque pour rendre hommage à ce week-end extra sur les pelouses de Longchamp. En vrac, faute de mieux : la canette de bière sept degrés six et sa copine la bouteille de Muscat à onze du mat’ dans le métro, la sangria planquée dans le Camelbak, les donuts gratos à l’entrée, le pique-nique à côté du bois de Vincennes, les concerts, les concerts, les concerts… Le soleil, les jets d’eau en pleine figure, la foule, les sandwichs antillais, les surprises de l’Orchestre National de Barbès et de HK & les Saltimbanks, la pêche d’Aloe Blacc, la douceur de Cocoon au soleil couchant, la grosse claque de Moby…

Du bon, du très bon. Du trop bon même : après tout ça, difficile de se remettre au boulot… Mais il faut rentrer, le coloc est enfermé dehors !

 

*

 

Pas besoin d’épiloguer je crois : Paris, c’est du lourd.

 

La prochaine fois, passons aux choses sérieuses, parlons stage. D’ici-là, essayons de dormir, ne serait-ce que pour faire illusion demain matin…

 

Je vous embrasse tous bien fort,

 

Sarah*, extatique

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 15:09

P1010453.JPGRetour à Angers

 

Je suis une bloggueuse bien inconstante : je publie des masses lorsque je suis au fond du trou, mais c'est silence radio lorsque tout baigne (ou que tout va vraiment trop mal, et qu'il n'y a rien à commenter là-dessus). Actuellement, on serait plutôt à l'heure du bilan[1] : bilan d'une quatrième année à Sciences Po, bilan d'une troisième année à Toulouse, bilan des amitiés perdues et des amours gagnées, des compagnons retrouvés et des nostalgies lancinantes...


*** 

 

Je sais que j'ai tendance à dramatiser, mais je ne me souviens pas avoir vécu une année si pleine de rebondissements : des drôles, des moins drôles… je ne sais pas s’il faut se souhaiter une nouvelle année aussi riche en événements. En fait, cette question est rhétorique, la preuve s’il en faut, à peine rentrée chez maman, je sens l’ennui poindre son nez. Donc, la réponse est : OUI. Pourtant, les distractions ne manquent pas (ni les obligations, dont l’inénarrable mémoire, hum…), mais cette sorte de tourbillon qui agite nos vies toulousaines au quotidien me manque déjà.


Il faut dire que, la plupart du temps, on se complait à s’estimer « overbooké-e-s ». (« Quoi, encore une réunion ? Mais j’avais dit à machin que je mangeais chez lui, et ensuite il faut absolument que je passe chez truc récupérer de quoi finir mon exposé, que je dois nécessairement finir avant jeudi matin puisque le soir même je pars en week-end retrouver bidule que je n’ai pas vu depuis des mois, alors que je passe en oral lundi après-midi et que j’avais promis à mes colocs de leur faire un coucou avant qu’elles-mêmes ne partent en week-end. » A peu de choses près.) Quand on devient obligée de regarder son agenda pour répondre à une simple invitation à manger un sandwich, je crois qu’on peut dire qu’on approche le surbooking propre aux business-wo-men de quarante ans. Mais qu’on en est pas peu fière (quelque part).


Où est passée ma léthargie d’adolescente ? Je rêve à présent avec nostalgie de cette période bienheureuse où je pouvais me lever tard et ziziner[2] toute la journée sans en concevoir le moindre scrupule (z’avez qu’à demander à Caro, elle vous confirmera). A l’heure actuelle, je vis avec une horloge dans le ventre qui calcule ma productivité horaire avec acharnement ; comprendre : chaque seconde doit être utilisée efficacement et mise à profit. Le grand capitalisme a eu raison de mon emploi du temps, et aujourd'hui je ne supporte plus de perdre mon temps. C’est maladif. Si-si, je vous assure, ça vaut le coup de se plaindre.


Bref, impossible de perdre la moindre minute : un déplacement en vélo ? Coup de bigot à un ami afin de prendre des nouvelles. Un trajet en train ? Lecture du journal pour me tenir au courant de l’actualité. Attente aux caisses ? Ecriture spasmodique de textos afin d’organiser le reste de la journée. Ennui en cours ? Seul moment de liberté où je m’accorde un peu de temps pour lire un roman ! Le mot de l’année : ren-ta-bi-li-ser. … Berk !!!


C’est généralement dans ces moments-là que je pense le plus au dicton que se plaisaient à répéter les Togolais aux Européens pressés : « En Europe vous avez l’heure, nous on a le temps. » Soit : on ne prend pas le temps du bonheur, on est tout le temps en retard… Mais peut-être est-ce du Togo que je tiens cet acharnement à profiter de chaque seconde pour avancer un peu plus dans… bon, je n’ai pas encore trouvé le sens profond de ma vie, alors disons « avancer tout court » (démonstration lacunaire, je vous l’accorde). Comme si on ne pouvait avancer qu’en minutant précisément chaque journée. So occidental. Enfin, tout ça pour dire que par un insidieux mécanisme, j’ai désormais en horreur le moindre fragment de temps passé à ne rien faire. (Attention, la méditation n’en fait pas partie ! Mais passe néanmoins souvent au second plan.)


Du coup, peut-être ceci explique-t-il cette année sur les chapeaux de roue (en plus des événements imprévisibles qui viennent chambouler l’emploi du temps si soigneusement prévu) : besoin viscéral de provoquer le surbooking, de se mettre en retard, de s’engluer dans les projets et les occupations. A cette allure-là, je vais finir ridée prématurément, avec un ulcère à l’estomac. Et peut-être est-ce aussi la raison pour laquelle je ne prends plus le temps de mettre mon blog à jour ; pourtant, il a une utilité cathartique certaine. Alors, l’autre raison, c’est que je serais trop heureuse pour avoir quoi que ce soit à raconter…


***


Ca doit être ça, car j’ai beau chercher, je ne vois pas quoi raconter de plus sans vous endormir. Or, étant donné que par un consensus tacite on ne parle jamais sur un blog des événements vraiment trop tristes ou trop intimes, on ne parle pas non plus de ces moments niaiseux de bonheur suprême. Pudeur, quand tu nous tiens (ou peur de perdre son lectorat…). Ce vieux dicton n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd'hui : « les gens heureux n’ont pas d’histoire ».


DONC je ne ferai pas de bilan de cette année. Je me contenterai d’un grand soupir qui en dit long, puis j’embrayerai sur cet été : stage de trois mois à Paris, colocation improbable dans le 11e arrondissement, retrouvailles avec un peu tout le monde [puisque l’été tout le monde est à Paris. Les autres, vous savez quoi faire (regard appuyé)], week-ends un peu partout (à prévoir : Nantes, Brest, Le Mans, Milan, Angers, Toulouse, ETC.) et voyage sur la Côte Ouest à organiser. Dure la vie. Au milieu de tout ça, il va falloir continuer à être et rendre heureux-se afin de ne pas perdre un équilibre fragile acquis un certain treize janvier deux-mille-onze...

 

Sarah*, just too much happy



[1] En bonne étudiante, je parle bien sûr de l’année scolaire.

[2] Il paraît que certains incultes ne connaissent pas ce verbe définitivement utile : ziziner, v. 1er groupe (je zizine, tu zizines, etc.) : du latin zizinare, faire des choses sans importance ou inutiles afin de passer le temps sans se prendre la tête et/ou d’éviter de faire quoi que ce soit d’utile. Syn. : boutiquer, glandouiller. Ex. : « Qu’est-ce que tu zizines ? Je checke mes flux RSS ». 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 17:22

Lily-et-moi---dessin-d-une-photo4.jpg

 

Parallèlement à l’amour, qui apparait le plus souvent comme un sentiment instable et imprévisible, l’amitié semble nous réchauffer de sa solidité, de sa confiance et autres sentiments enveloppants et rassurants. J’aimerais néanmoins battre en brèche cette potentielle tranquillité, qui élude un peu vite les petits combats du quotidien pour construire cette forteresse « amitié » sans laquelle nous ne serions pas ce que nous sommes.

 

***

 

Tout d’abord, postulons ensemble que l’amitié est une affaire de cœur et d’affection, sinon d’adoration. Comment être ami avec celui que l’on méprise ? Aussi, il devient inévitable qu’une variation de cette affection, admiration etc. modifie cette amitié, l’ampute même parfois d’une dimension essentielle. Comme l’amour, on ne badine pas avec l’amitié, qui n’est jamais acquise, et intrinsèquement attachée à la personne en face. Les promesses éternelles sont pure poudre aux yeux, un moyen de plus de se rassurer sur des sentiments qui, de fait, sont éphémères.

 

*

 

Dans l’affaire qui nous concerne, la deuxième supercherie serait la croyance naïve en l’intemporalité d’une relation amicale. Ici et maintenant, nous sommes amis, mais là-bas et demain, qu’en sera-t-il ? Les circonstances temporelles, les lieux, les événements extérieurs sont aussi déterminants que les qualités et résonnances liées aux personnalités propres (et, par définition, plus stables) que l’on découvre en l’autre. Comme ces dernières, les événements extérieurs peuvent empêcher ou favoriser une amitié. La renforcer ou l’achever. Et aucune promesse ne peut raisonnablement prendre en compte ces aléas de la vie, sur lesquels personne n’a de prise.


Dans ces circonstances, il faut tenir compte du rôle joué par d’autres individus. Il y a les amis que l’on se fait en bande, et qui dépendent donc de celle-ci ; il y a les amitiés individuelles, écloses incidemment et peut-être donc plus fragiles, à moins qu’elles ne soient plus fortes ; il y a les amitiés d’enfance, moins choisies mais plus puissantes ; et tant d’autres encore…


On évoquera aussi nos choix de vie, qui laissent certains amis sur le carreau : ceux qui en ont fait des radicalement différents, et avec qui les terrains d’entente deviennent rares, ceux qui ne comprennent pas les nôtres, les jugent, et les condamnent ; ceux qui les accompagnent, les encouragent, les renforcent. (Une vision peut-être manichéenne, mais qui englobe néanmoins un nombre significatif de mes amis.) Ces choix de vie, pourtant, nous correspondent : nous les façonnons en fonction de nos goûts, aspirations et désirs d’avenir, et qu’un ami les refuse, alors nous considérons, sans doute à juste titre, qu’ils ne nous correspondent plus.

 

*

 

Ces temporalités influent donc sur nos amitiés au quotidien. Voir un ami tous les jours est ainsi une situation radicalement différente de cas où l’on se réunit plus ponctuellement avec des amis qu’on ne peut voir aussi souvent. Il est ainsi, dans cette dernière situation, beaucoup plus tentant d’idéaliser ces amitiés : « à chaque fois que l’on se retrouve, c’est comme si l’on s’était quittés la veille ! » se plaira-t-on à commenter devant le verre de l’amitié. Certes, mais qui sont ses amis qui vous suivent au quotidien et subissent jour après jour vos sautes d’humeur, vos doutes, vos coups de gueule ? Je parle de tous ces moments peu ragoûtants où vous êtes tellement vous-mêmes que vos pires défauts transparaissent en plein jour et donnent à voir les plus horribles pans de votre âme.


J’aimerais donc finir cette petite liste (qui ne se prétend pas exhaustive), avec un enjeu majeur que, pour ma part, j’ai souvent bien du mal à dépasser : le constat douloureux que, comme vous, vos amis ne sont pas parfaits. (Et s’ils l’étaient, ajouterais-je par esprit de boutade, ils ne seraient pas véritablement vos amis car vous les jalouseriez trop… ;)) Il vous faut donc supporter leurs mesquineries, leurs défauts, leurs erreurs et continuer de les aimer quand même. Parfois, sans crier gare, cette envie vous quitte, et vous les laissez simplement continuer leur chemin sans vous. Mais j’aime à croire qu’en général, quand l’attachement qui lie deux personnes est assez fort, alors les obstacles ne sont pas impossibles à franchir. Heureusement, s’il y a de mauvaises surprises en route, elles sont parfois contrebalancées par de meilleures !

 

Néanmoins, il apparaît raisonnable de considérer comme vérité générale que la déception est un sentiment qui, s’il est inévitablement très amer, est pourtant inhérent à toute amitié. Et ne devrait donc pas remplir nos cœurs de tristesse, puisqu’après tout, nous ne sommes qu'humains et tristement imparfaits : en vouloir à ses amis d’être tels qu’ils sont, ne vouloir d’eux que leurs qualités, revient à se masquer la réalité, qui veut que chaque bienfait est à double tranchant, et que rien ne s’obtient sans désavantage.

 

*

 

En définitive, et peut-être suis-je ici trop cynique, je pense que ce qui rend nos amitiés si précieuses à nos yeux, c’est que l’on ne supporte pas la solitude, et que, bien souvent, l’on ne supporte pas de réaliser qu’on a pu « perdre du temps » ou de l’énergie pour quelqu'un à qui l’on faisait pourtant confiance. En fait, aucune énergie n’est perdue si elle permet de reconquérir un ami ou de consolider une relation de confiance. Comme je l’ai ici souvent dit, je me définis moi-même par les gens que je côtoie et les amis que je me suis choisis (ou qui m’ont choisie). Ils incarnent au quotidien une image de moi qu’ils me renvoient ; perdre un ami serait donc un échec personnel, un signe alarmant que quelque chose dans votre vie ne va plus ou le signe annonciateur d’un changement de premier ordre que vous avez provoqué.


J’ai nombre d’amitiés que je me fais une joie d’entretenir, d’autres où les circonstances jouent en ma défaveur et où il me faut alors détromper les événements et les emplois du temps, d’autres enfin où le temps poursuit son œuvre et sépare nos chemins ; la faute à moi, à lui, à la grande roue qui tourne, ou à pas d’chance. Et puis, peut-être certains amis ne sont-ils destinés qu’à vous suivre un court moment, pour ensuite s’effacer tranquillement, sans qu’il n’y ait de heurts ou de larmes…[1]

 

***

 

L’important, dans tout cela, c’est sûrement de partager la même conception de l’amitié. Alors qu’on peut être très proche de quelqu'un d’extrêmement différent, on ne peut en revanche transiger sur certaines qualités essentielles de la relation. Pour certains, un ami n’est pas un confident, pour d’autres, il doit être un soutien aveugle et sans failles, ou au contraire un être vigilant susceptible de vous rappeler à tout moment vos erreurs afin que vous puissiez les corriger en toute confiance. Un ami doit-il être constamment agréable avec vous ? Ou au contraire vous pousser dans vos derniers retranchements par amitié pour vous ? Doit-on accepter ses reproches ou le blâmer pour son intransigeance ? Le fait-il d’ailleurs par amitié pour vous ou par commodité pour lui ?


J’ai ma petite idée là-dessus, vous aussi sans doute, et nul n’en possède la réponse. La seule chose que je conclurais avec vous, c’est qu’une belle amitié semble au moins aussi difficile à entretenir et aussi compliqué à vivre qu’un grand amour… non ?

 

Amicalement vôtre,

 

Sarah*



[1] Cette formule peut faire penser au concept d’ami jetable dit « à usage unique » décrit par le personnage d’Edward Norton dans Fight Club, mais cela n’a évidemment qu’un rapport très étroit avec mon propos.

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 14:26

Envie-de-voyager-1--2-.jpgEnvie-de-voyager-2--2-.jpgEnvie-de-voyager-3--2-.jpgJe sais, je ne suis pas à plaindre, mais c'est juste qu'il y a encore TANT d'amis à qui rendre visite aux quatre coins de la planète, et au lieu de ça je suis obligée de compiler des recherches bibliographiques sans AUCUN intérêt à propos des discriminations à Toulouse ou des populismes d'Amérique Latine, vous ne trouvez pas ça d'une injustice folle vous ? Non ?

 

Bon, je retourne faire semblant de travailler alors...

 

Sarah*, blasée

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 17:49

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« Les balades en vélo devraient être remboursées par la Sécu », voilà ce que je pensais alors que je pédalais comme une furieuse dans les rues de Toulouse. La Garonne à ma droite, le soleil au zénith, le vent frais, les petits oiseaux qui gazouillent… Bref, le tout histoire de se remettre les idées en place, de réajuster les événements et de réfléchir un peu sur tout et n’importe quoi pour en tirer des bilans provisoires mais nécessaires, à mi-parcours vers la sagesse, ce "but ultime".

 

***

 

La semaine, le nez dans le guidon, tu ne vois rien venir, tu te contentes de te laisser porter par les événements : tu te fais balloter par les vents, parfois contraires, qui t’écrasent contre des écueils imprévisibles ou te déposent avec soulagement sur un rivage inespéré. Le week-end, tu te retournes, étonné-e, sur ces sept jours qui ont défilé à toute vitesse, sans que tu aies imaginé un seul instant en arriver là…


J’ai parfois maudit la routine, aujourd'hui je l’appelle de mes vœux. Routine rassurante, enveloppante, versus quotidien détonnant, destructeur : que préférer ? Je pense à Achille qui choisit une vie de héros trépidante mais courte, je me demande si je ne vais pas, de même, me consumer. Toute situation que je traverse est le résultat direct de mes choix, et je ne peux reprocher à personne ce que je dois assumer, mais que c’est dur !


J’en veux beaucoup à ceux qui accusent leur entourage d’être malheureux ; pourquoi n’assume-t-on pas, une bonne fois pour toutes, que l’on provoque la plupart ces événements qui nous ballotent ? On ne peut évidemment prévoir les multiples vicissitudes de la vie, mais notre état d’esprit est crucial dans la perception des jours qui passent et du lot quotidien de tracasseries qui les accompagnent. En vouloir à la terre entière n’a jamais résolu aucun problème, et je me demande encore comme certains peuvent croire une seule seconde qu’ils sont complètement innocents dans les problèmes qui les frappent[1].


Une position difficile à défendre quand on est sociologue, et que l’on connait le poids des déterminismes : familiaux, économiques, historiques… Je ne les nie pas, je les nuance. Si j’ai pu être un jour holiste, aujourd'hui je suis résolument individualiste. Pas dans un sens galvaudé, plutôt dans une perspective utopique de dépassement de mes propres chaînes (Nos racines), de construction de mon propre chemin, de transcendance de mes défauts et de ceux qui m’entourent.


Alors, ici j’écris « la rancune est un vilain défaut ». Elle ne conduit qu’à de la hargne, de l’envie ou des regrets, elle est un ver dans le fruit qui en pourrit la chair, et elle évite de se poser les vraies questions : quelle est ma part de responsabilité ? Pourquoi suis-je triste et qu’y puis-je ? Au lieu de cela, ne trottent dans la tête que d’insidieuses énigmes, n’invoquant que fatalité ou malveillance de la part d’autrui, sans remise en question aucune.


Et quand bien même l’autre a tort, et quand bien même l’on ne peut rien à une situation dramatique, ne peut-on trouver en soi la grandeur d’âme de s’élever au-dessus de ces turpitudes ? Ne peut-on décider fort courageusement de passer outre, de dédaigner le médiocre que l’on côtoie au quotidien, et de s’affranchir des embûches semées par la mesquinerie humaine ? Ne peut-on s’abstenir de juger l'autre pour enfin se regarder dans la glace et y affronter ses erreurs ?

 

***

 

Je crois dur comme fer à la recherche de la sagesse, je tends vers elle et y aspire ; j’aimerais tant, quelque soit la situation difficile que je traverse, connaître systématiquement la bonne réponse, être une « bonne » personne et refuser toute médiocrité de mon fait. Au lieu de cela, je ne suis qu’humaine, et je fais de mon mieux. Ce qui ne m’empêche pas de faire les plus belles conneries en toute bonne foi, bien entendu. Mais sans jamais me défiler derrière, jamais, jamais ; et reconnaître, tout bêtement, que j’ai foiré (La fin d’une époque), en n’oubliant jamais de tenter de rattraper le coup du mieux possible ensuite (Si seulement… je pouvais remonter le temps).

 

« Se battre contre la médiocrité, œuvrer pour la sagesse » : ça ferait un bon slogan ça…

 

S.



[1] On est d’accord, je ne parle pas des mal-nourris du Tiers-Monde ou des victimes innocentes des guerres (etc.) mais bien des citoyens douillettement installés dans leurs Etats de droit, qui ont de quoi manger et se loger. Moi, par exemple.

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 16:08

Pour-2011--je-voudrais-.N-B.jpgPour-2011--je-voudrais-.2N-B.jpgVoilà  le genre de bêtise qui me vient à l'esprit alors que je tente (vainement) de réviser mes partiels... Je sais, ça sonne vraiment désespérée, mais je vous promets que j'ai d'autres trucs dans la vie ! Genre les 2 dernières saisons de Gossip Girl.

 

Sur ces âneries, je me fends d'un grand "Bonne année 2011 !" assorti de tous mes voeux de bonheur, joie réussite, et paix dans le monde. Quant à moi, je me souhaite de trouver un stage pour cet été, si possible très très loin et très très bien payé. Ben quoi, quoi chacun(e) ses bonnes résolutions non ?

 

Alors, vive le second semestre qui approche, d'ici là il y aura trois examens, une cuite mémorable le week-end d'après, ensuite une semaine de débauche sport en Catalogne... et la suite promet d'être pas trop mal non plus ! Dépêchez-vous de venir les Parisiens, y'a mon foie qui crie famine !!

 

La bise à tous, et bon courage pour perdre vos kilos en trop,

 

Bien à vous,

 

Sarah*

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 23:01

Emmechee.jpgEmechee2.jpgCa fait un petit moment que ça me trotte dans la tête... Let's see what happens!

 

Bonne nuit, et bon courage à tous les étudiants en galère qui révisent leurs put.... de partiels ! La même pour moi bientôt (être en retard, ça se cultive).

 

S.

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 14:47

Ou "même les belles choses ont une fin"...

 

Mon écran, mon clavier, ma catharsis. Autant tu tais ta souffrance au quotidien, par égards pour l’autre qui n’a cure de tes problèmes, autant une fois de retour chez toi, bien caché dans ta chambre, tu t’abandonnes avec une délectation cynique à déverser tes soucis sur Microsoft Word, comme si quelqu’un allait finalement te répondre quelque chose du style « mais oui tu as bien fait » ou « ne t’inquiète pas, ça va aller mieux d’ici deux semaines, sûr, promis juré ». Cet espoir absurde de rencontrer un réconfort par l’écriture me pousse donc à venir, une fois encore, vider mon sac ici, parce que le simple acte lui-même est bénéfique, cathartique.

 

***

 

« La vie est belle » chantent les poètes, mais y croient-ils eux-mêmes ? Peut-être pensent-ils que le simple fait de le dire a un effet performatif, et que le fleuve de boue qu’ils charrient se transformera soudainement en un merveilleux arc-en-ciel fleuri. Parce que, véritablement, la vie n’a rien de beau. Je dirais même plus qu’elle est d’un cynisme atroce, donnant d’une main et reprenant de l’autre[1]. Je n’ai pas inventé la notion d’ « espoir cruel », je l’ai vécue, comme tout le monde (et, désolée, ça ne me rend pas plus joyeuse de savoir que je ne suis pas la seule à m’être faite avoir).

 

*

 

C’est vrai, pourtant, tu le sais au fond de toi : cet espoir est déraisonnable. Je dirais même plus : absurde. Franchement, qu’est-ce que tu espérais réellement ? Que vouloir quelque chose très très fort le ferait apparaître immédiatement ? Bravo, tu as résolu la faim dans le monde alors ! Non mais, sérieusement !! Qu’est-ce qui t’a fait croire que les beaux jours d’hier n’appartenaient pas à un passé heureux mais révolu ? Comment peux-tu ne serait-ce que te persuader que c’est possible ? Idiote ! Comme dirait l’autre « Le matin tu te lèves, et tu mets un coup de pied au cul[2] » ; traduction : bouge-toi et arrête de vivre dans tes souvenirs.

 

Pourtant, on s’arrête souvent pour lorgner dans le passé. A tort, d’ailleurs, le plus souvent. « C’était le bon temps » : cette phrase résume à elle-même tout le nœud du problème. Il suffit que tu aies été heureux un temps, et tu te crispes autour de cet acquis-qui-n’en-est-pas-un, qui n’est pourtant qu’un instant t, complètement ancré dans son temps et inintelligible ne serait-ce qu’un mois plus tard. Mais pourtant, tu t’escrimes à croire que cet instant était le plus beau de ta vie, tu voudrais le revivre, encore et encore, alors qu’en toute honnêteté, si tu avais vraiment la possibilité d’y revenir, tu le vivrais bien différemment, et sans doute beaucoup moins bien. Comme l’adulte regrette sa jeunesse, le salarié regrette sa vie d’étudiant, le mari sa vie de célibataire, le parent son enfant parti.


Ah ah ah ! Mais si tu y réfléchis deux secondes, tu vois bien que tu n’en voudrais plus de tout ça ! Cher adulte, rappelle-toi les frissons de la jeunesse, incertaine de tout, ignorante, bête, instable ; cher salarié, rappelle-toi cette dépendance financière, cette honte de vivre aux crochets de tes parents, qui se serrent la ceinture pour que tu puisses dépenser leur argent en boisson études ; cher mari, rappelle-toi ce vide dans ton lit, ces soirs où tu cherchais de la compagnie mais ne trouvais que âmes sans essence ; chère parent, te relèverais-tu vraiment en pleine nuit pour donner le biberon à ton môme geignard ? Repasserais-tu tes mercredis à balader tes mioches d’un bout de la ville à l’autre ? Que tu as la mémoire sélective ! Que tu réinventes l’histoire !


Y’a pas plus malheureux qu’un quidam qui regrette sa vie d’avant : cette impression persistante que le meilleur est derrière toi (à ce propos, chers adultes, arrêtez de bassiner les étudiants avec vos phrases à la con style « c’est la plus belle période de votre vie ! », parce que sinon autant se tirer une balle à la remise des diplômes…), que rien ne sera jamais mieux, que ta vie est foutue, que tu ne te lèves le matin que pour préparer ton café… Mais avance mince, avance !

 

*

 

Comme dit précédemment (Nos racines), notre mémoire et nos souvenirs sont autant de pierres d’ancrage qui te disent qui tu es mais peuvent aussi t’empêcher d’avancer. Mais tout ça, tu le sais, depuis le temps. Tu l’as imprimé, t’en parles même souvent avec tes potes en rigolant de ta propre folie. Alors, d’où vient cette fichue nostalgie qui te cloue au sol et te fait pleurer le soir tard dans ton lit ? Pourquoi nos épaules pèsent-elles si lourd que l’on doive les courber encore un peu plus chaque jour qui passe, sentant le poids des regrets, des occasions manquées, des erreurs ? Pourquoi ne peut-on pas s’en débarrasser tout simplement comme d’un vieux manteau, le reléguant au placard étiqueté : « c’était cool, mais je suis sûr que je vais trouver mieux » ?


Mais parce que tu as la trouille pardi ! Comme l’écrit si bien Kundera[3], l’insoutenable légèreté de l’être c’est de savoir que ta vie ne va jamais se répéter, que tu ne sauras jamais si tu as bien fait, que tu n’as pas droit au brouillon : tout ce que tu fais, tu ne peux y revenir, et d’ailleurs à peine l’as-tu fait que cela appartient déjà au passé. Aussi, tu crèves de peur de mal faire, de graver dans la roche pour l’éternité des actes malheureux, que tu regrettes déjà. Pourtant, tu n’y peux rien : tu n’as pas de recul sur ta propre histoire, tu vis dans l’instant présent et l’avenir est en bute à tant de « et si… » que tu ne peux le prévoir. Alors, tu as les foies de faire moins bien, car après tout, ton seul bagage, c’est ce que tu as déjà fait. Tes seules réussites certaines sont les réussites passées, et elles sont autant de menaces d’un « tu ne feras jamais mieux ».


Pourtant, pourtant, le seul moyen d’avancer, c’est de mettre un pied devant l’autre. Mais cela implique de ne pas craindre l’avenir et de ne pas idéaliser le passé.

 

*

 

Moi, j’avoue, je l’idéalise totalement. Pour dire vrai, je n’arrive pas à me départir de cette idée (fausse, fausse, archi-fausse) : mes plus belles amitiés, ce sont mes amitiés d’enfance, mes plus belles entreprises, c’était la musique avec vous, mes plus beaux bonheurs, c’était ma famille réunie, mon plus grand amour, c’était Paul. Le reste, c’est du pipi de chat, du déjà-vu, du même-pas-intéressant, du réchauffé. Le reste, c’est de l’accessoire, parce qu’il faut bien vivre et se lever le matin. Mais le plus important, tu crois le tenir bien au chaud au creux de ton cœur, l’essentiel tu le penses gardé bien précieusement et pour toujours, acquis.


Toutefois, tu te trompes profondément. Je me trompe profondément. Et j’en ai payé le prix. Je vous ferai grâce des détails intimes qui me dérangeraient autant que vous d’être déballés ici, mais je vous assure que j’ai payé le prix de la nostalgie. Et il m’a fallu une énième gamelle pour m’en rendre compte.

 

***

 

Bon, passons donc à la conclusion, résumons, ouvrons le débat (en bonne tradition IEPienne). Regarder trop derrière, ça craint un max. Avoir les chocottes de ce qui va arriver, pareil. Se lamenter sur le présent, c’est dix fois pire. Alors, que te reste-t-il, pauvre chose ? Dans tout ce bazar, que retiens-tu ? Je crois que j’ai l’embryon d’un début de tentative de réponse : assumer une fois pour toutes ton passé. Dépasser les regrets qui te pourrissent l’existence. Et admettre, enfin, que c’est la fin d’une époque. Que cette époque, c’était toi de 19 à 21 ans, que tu as aimé et été aimée parce que tu étais telle quelle à ce moment t, au qu’aujourd'hui à t+1, tu n’es plus la même, vous n’êtes plus les mêmes, et que souffler sur des cendres froides, pleurer cet amour perdu, te lamenter sur ces jours heureux, c’est plus que contre-productif ; c’est te condamner à faire de toi un être gris et triste, en deuil perpétuel, nostalgique d’une époque qui est définitivement terminée et qui ne recommencera pas. Et rien ne te dit que demain ne sera pas mieux qu’aujourd'hui… (BE OPTIMIST)

 

Alors, fais la paix avec ton passé, regarde-le dans les yeux en lui avouant franchement ton mal de vivre actuel, et tu t’apercevras que le simple fait de dire les choses « au passé », c’est déjà les mettre au placard, en sortir apaisé, et avancer. Comme quoi la performativité n’est pas qu’une vue de l’esprit…

 

Après, je dis ça, je ne suis même pas sûre d’y arriver. Mais au moins, j’ai envie que ça fonctionne. C’est déjà ça, non ?

 

Sarah*, nostalgique anonyme



[1] NdA : même si, nous sommes d’accord qu’il y a toujours plus malheureux que toi, ce n’est pas pour autant que tu n’as pas le droit de te sentir malheureux.

[2] Dicton de la coloc-de-la-mort-qui-tue (je sais, nous sommes de grandes philosophes). 

[3] Milan Kundera, L’insoutenable légèreté de l’être, 1984

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Salutations

  S'installer ailleurs, une grande aventure...
Je la vivrai avec vous, si vous le voulez bien :).
 

Je suis là, blottie dans mon lit, sous la couette : musique à fond, des étoiles au plafond, mes bouquins pour dessus-de-lit, mes dessins pour oreiller, et vous pour m'accompagner dans ce drôle de rêve. 

Pour autant, rien n'exclut les moments de folie, les fous rires endiablés, les délires assumés et les prises de position passionnées !
Aussi je vous invite à suivre mes pérégrinations... aussi bien virtuelles, que visuelles, imaginaires, touristiques, méditatives, sentimentales, estudiantines ou festives. 
Bien à vous,
Astérie*

P.S. : Pour suivre au mieux l'actualité de ce blog, parfois...chaotique ;-), n'hésitez pas à syndiquer ce site grâce au flux rss (si vous avez Mozilla Firefox, un simple clic suffit sur le lien sous mon profil, à droite).