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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 23:07

 


  "Loin de Paname", Faubourg 36, réalisé par Christophe Barratier 

 

 

M+1 : il y a un mois, mes valises et moi débarquions à Paname, histoire de nous frotter à la vie parisienne ainsi qu’aux grandeurs et décadences de la capitale. Car dans la liste des choses à faire avant de mourir en paix, il y a « essayer Paris ». Quelques brèves à un tiers du trajet.

 

*

 

Centrale-Paris

« Maaaais c’est paaaas Paaaaaris, c’est la banlieeeeeeeue ! » Shut up pleaaaase, and let me explain…

Le squattage en règle a commencé le week-end de l’ascension chez Anne, quelque part au sud de Paris, dans la 2e école d’ingénieur de France, 'scusez. A noter : une arrivée dantesque sous un ciel secoué par l’orage, déchiré d’éclairs et sous une pluie battante. Au sein des plaines de la Beauce, le paysage extra-plat nous laisse découvrir au loin un décor de fin du monde, Paris au loin subissant les premières foudres d’été, tandis que nous avançons en voiture, entourées des milliers d’autres Parigots qui ont eu la même idée géniale que nous : se taper les bouchons de retour de week-end en pleine nuit.

Mais qu’à cela ne tienne, le papotage va bon train, les Pringles subissent une raclée et nous avançons, lentement vers sûrement, vers le noooord. Enfin, Paris quoi. L’accueil est chaleureux (le gâteau basque y fait beaucoup), et je découvre la piaule d’Anne. Fidèle à elle-même, voici qu’elle me dégotte en deux-temps-trois-mouvements matelas et sac de couchage à une heure du matin passée, que nous installons aussitôt au milieu d'un joyeux fatras.

 

Au final, je passe plusieurs jours à rencontrer amis et collègues de ma logeuse, nous paye le luxe d’un resto à Versailles où Anne joue sa femme d’affaires overbookée, obligée de récupérer son téléphone mis à charger dans un coin car il sonne trop souvent (véridique !), sort au DoMac de Châtenay-Malabry qui devrait plutôt s’intituler « QG Centrale » tant les élèves-ingénieurs y dînent nombreux , découvre avec joie la pièce Que faire ? au théâtre de La Colline grâce à la chouette invitation de Vincent (et au désistement fort-à-propos d’Arthur), squatte avec enthousiasme le temps d'une nuit chez ma coloc et son coloc (mais qui lui n’est pas mon coloc, vous suivez ?), expédie les dernières tracasseries de mon installation à Paris… tout en m’abîmant trop souvent dans la contemplation de la pluie en Île-de-France (à Toulouse, on ne connaît plus) dans les interminables trajets en RER.

 

En fait, on dirait pas, mais l’aventure commence vraiment. Mais vraiment on dirait pas. Transition en douceur en fait. Merci Anne-Vincent-Caro-Valentin-Arthur-etc.

 

Week-end Montalbano-toulousain

Le stage à peine commencé, il est déjà temps de partir en week-end prolongé. Quoi de mieux pour l’entamer qu’un bon resto Place d’Italie entre potos ? L’occasion de découvrir the Anne’ suitor, charmant centralien fraîchement débarqué d’Allemagne (vous comprenez mieux pourquoi j’ai vidé les lieux la veille), et de déguster un bon Bordeaux… qui se révèle en faitt dégueulasse... mais se laisse boire tout de même par notre bande de joyeux ivrognes.


Le temps d’un métro, je débarque gare d’Austerlitz, passage obligé pour tous les Toulousains souhaitant regagner leur pays à la faveur de la nuit. Je goûte avec délice l’effervescence des départs en vacances qui gagne les Parisiens survoltés. L’air est électrique. Dans les voitures bondées, je bous d’impatience sur mon siège inclinable inconfortable, mais succombe finalement aux bras de Morphée. Pour finalement rouvrir les yeux sous le soleil matinal du pays montalbanais ; que le sud est beau… Il y a quelque chose de magique à admirer un tel paysage dans un wagon silencieux, les yeux encore embrumés par le sommeil, dans la lumière dorée du lever du jour… D’autant plus que l’arrivée est attendue avec impatience...

Je crois que les adieux sur un quai de gare sont aussi tristes à mourir que les retrouvailles sont douces et excitantes. Je suis persuadée que, si d’aventure je me prenais à me poster le long d’un quai, je pourrais imaginer mille histoires sur ces tranches de vie si intenses qui s’y déroulent : larmes, sourires, silences, rictus… Mais qu’y a-t-il de plus exaltant que de se savoir attendue ? Je me souviens encore de ce regard jeté par la fenêtre pour l’y découvrir m’attendant…

Je flotte, aérienne. Une parenthèse dorée s’ouvre notre week-end, la gare est ici témoin d’un moment de grâce. J’aime.

 

La pudeur voudra que je survole ces trois jours d’une plume légère, portée par... le bonheur d'être ensemble, tout simplement ?

 

A la mesure de cette douceur si éphémère, je retrouve le train avec un déplaisir non dissimulé. Cette fois-ci, je traîne des pieds. Comment peut-on éprouver tant de sentiments contradictoires en un même endroit ?

Heureusement, après une nuit de cinq petites heures de sommeil précédent l’interminable première journée de boulot de la semaine, je pose mes pénates avec délectation chez Debbie, dans sa ravissante demeure. C’est peut-être "Versailles", mais qu’il est doux de se poser dans un coin du canapé sous les petites loupiottes disséminées ça et là à papoter entre colocs… A trop vivre en appartement, je crois que j’en oublie le luxe de l’espace ; je crache sur le « bassement matériel », mais, qu'on me donne une ambiance de maison d’enfance où l’on sent les années passées à grandir, les souvenirs qui imprègnent les murs, et j'y fons avec bonheur… De quoi me réconcilier avec la maison et ses symboles honnis ?

 

Midnight in Paris

La semaine, une fois encore, file à toute vitesse : métro-boulot-dodo. Au milieu, des soirées à droite à gauche, histoire d’oublier qu’à travailler huit heures par jour, on ne trouve plus le temps de rien. Heureusement, il est enfin temps de poser mes valises dans une coloc fort conviviale : la vie parisienne telle que je l’imagine peut enfin commencer. Merci à Johnny et ses colocs pour l'hébergement :)).

 

Vendredi arrive et me trouve un sac de pique-nique à la main, Pont des Arts. J’ai mal au cou à force de lever la tête pour admirer les rues de Paris. La Seine, l’hôtel de ville, tout me semble charmant, jusqu'au plus petit square embusqué à quelque angle de rue. Qu’il est drôle de se retrouver entre Toulousaines d’adoptions dans ce lieu mythique, à deux pas de l’île de la Cité et sa cathédrale… Les conversations vont bon train : je voyage par procuration à Berlin, m’imagine attachée sénatoriale, appréhende l’arène sans pitié des assurances, débite, volubile, mes connaissances toutes fraîches sur l’adoption internationale… tout en savourant les mets simples apportés et aussitôt dévorés.

La soirée ne fait que commencer, puisque nous bougeons ensuite vers Saint Michel et le quartier Latin. Rien que de penser aux révolutionnaires de Mai 68, j'ai le coeur qui en bat la chamade ; mais bon, je sais, ce n’est qu’un événement parmi tous les autres faits historiques grandioses qui ont eu lieu à Paris… Pourtant, comment ne pas se balader dans les rues de Paname sans se murmurer autre chose que « mythique, mythique, mythique » ?

Une fois en terrasse et rejointes par deux Isérois et un Manceau (improbable, donc j’aime), nous essuyons une mini-tempête que n’aurait pas reniée un Breton. Après deux ou trois coups furieux de store en plastique en pleine tête et autres grelottements, nous nous séparons. Troisième partie de soirée, nous voilà.

 

Tim décide de me faire découvrir Montmartre by night ; je ne vais pas être déçue… Les bars se succèdent, les clopes aussi, le vin rouge se boit sur les marches du Sacré-Cœur au cœur de la nuit, les pavés se succèdent sous nos pieds, nous sillonnons le dix-huitième. Il pleuvouille, il fait chaud, il fait froid, nous marchons où le vent nous porte. Alors, c’est ça une soirée parisienne à la Louise Attaque ? J’aime.

A quatre heures et demi, nous décidons de rentrer à pied dans le centre-ville : il pourrait être vingt-et-une-heure, ce serait pareil. Les rues sont encore pleines de promeneurs noctambules, déambulant dans les artères à la manière d’un Owen Wilson woodyallénien. Je me sens au cœur d’une gigantesque toile où nous serions tous reliés par des fils invisibles, comme autant de rencontres improbables, de mots échangés à la faveur d’une clope allumée par un inconnu. La cité est vivante, grouille, respire. Non sans peine, nous dépassons de nombreux sans-abris livrés à la ville vorace qui attire en son sein les âmes perdues. Sont légion les matelas installés à même le sol à côté des bouches de métro, ou bien les immigrés paumés et abandonnés, engoncés dans leurs sac de couchage puants la pauvreté et la détresse. Une face de Paris que l’on aimerait oublier après la poésie de Montmartre…

Arrivés à République, l’appel du MacDo se fait entendre au Manceau affamé. Le hasard place sur notre route une improbable boulangerie, bondée de clients, ouverte à cinq heures et demi. Quand nous l’interrogeons, le vendeur nous répond fort malaimablement (que voulez-vous, c’est un Parisien !) que son pain ne peut décidément pas être frais à cette heure indue de la nuit. Et de nous le donner de mauvaise grâce ; nous gardons notre monnaie, interloqués, et nous enfuyons presque, la baguette sous le bras (so Frenchy).

Je ne saurais décrire cette impression de plein contentement qui nous a emplis lorsque, installés sur notre banc trempé de l’avenue, nous nous sommes tartinées nos rillettes en attendant le premier métro. J’aurais aimé crier au monde cette drôle de soirée, cette fin en point d’orgue dans le matin naissant. Ne pouvant faire mieux, j’ai publié sur Facebook. Je suis incurable.

 

Il m’a fallu du courage pour siroter mon cocktail maison à Clamart le lendemain soir, mais tout n’était que convivialité, bonheur de se retrouver (malgré le fait que l’on fête un départ), et déconne à gogo. Le tarot a retrouvé ses adeptes, Skype une forte utilité lorsqu’il s’est agit de saisir notre exilé new-yorkais à propos d’une affaire de la plus haute importance (Vincent devait-il vraiment boire ses quarante-huit gorgées d’alcool ? L’expert a dit oui), et un passant pervers a bénéficié d’un spectacle de qualité à la fenêtre. Le reste est classé secret-défense.

Sur le chemin du retour le lendemain matin, me voilà réembusquée pour le soir-même à un charmant anniversaire banlieusard, où je découvre de non-moins charmantes Parisiennes du meilleur cru, fais des rencontres très théâtrales et commande des pizzas Domino’s au coin de la rue. J’aime.

 

Solidays

Aïe, il est tard. Le temps me manque pour rendre hommage à ce week-end extra sur les pelouses de Longchamp. En vrac, faute de mieux : la canette de bière sept degrés six et sa copine la bouteille de Muscat à onze du mat’ dans le métro, la sangria planquée dans le Camelbak, les donuts gratos à l’entrée, le pique-nique à côté du bois de Vincennes, les concerts, les concerts, les concerts… Le soleil, les jets d’eau en pleine figure, la foule, les sandwichs antillais, les surprises de l’Orchestre National de Barbès et de HK & les Saltimbanks, la pêche d’Aloe Blacc, la douceur de Cocoon au soleil couchant, la grosse claque de Moby…

Du bon, du très bon. Du trop bon même : après tout ça, difficile de se remettre au boulot… Mais il faut rentrer, le coloc est enfermé dehors !

 

*

 

Pas besoin d’épiloguer je crois : Paris, c’est du lourd.

 

La prochaine fois, passons aux choses sérieuses, parlons stage. D’ici-là, essayons de dormir, ne serait-ce que pour faire illusion demain matin…

 

Je vous embrasse tous bien fort,

 

Sarah*, extatique

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Je la vivrai avec vous, si vous le voulez bien :).
 

Je suis là, blottie dans mon lit, sous la couette : musique à fond, des étoiles au plafond, mes bouquins pour dessus-de-lit, mes dessins pour oreiller, et vous pour m'accompagner dans ce drôle de rêve. 

Pour autant, rien n'exclut les moments de folie, les fous rires endiablés, les délires assumés et les prises de position passionnées !
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