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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 02:51

Quand on y pense, la plus grande aventure dans laquelle je me suis embarquée en mars 2012 n’était pas vraiment celle de mettre vingt-deux-mille kilomètres entre mon lieu de naissance et mon lieu de résidence, ni même de troquer mes fripes d’étudiantes contre l’habit cérémonieux de l’administratrice tirée à quatre épingles. A vrai dire, sans entièrement le concevoir, je suis passée du statut de coloc à celui de concubine. Plaît-il ?

*

Ok, je suis de mauvaise foi. Après avoir soupiré pendant quatre mois auprès de mon amoureux parti affronter la faune togolaise, je serais malhonnête d’affirmer que je n’attendais pas avec impatience de franchir le globe en galante compagnie. Non sans une certaine fierté, je pouvais ainsi me rengorger auprès d’amies énamourées qui pleuraient leurs amours à distance : moi, j’embarquais mon homme dans mes valises et comptais bien continuer ma vie à cent à l’heure que les alentours aient changés ou non. Pour autant, il est clair aujourd’hui que je suis, une fois de plus, à une croisée des chemins des plus bouleversantes et que j’en ai mésestimé la portée : le nez dans les billets d’avion, les valises et les préparatifs, difficile de prévoir que l’on va se prendre un mur monumental dans la gueule. Du style virage à 180 degrés.

[Flashback] Qu’est-ce qu’une colocataire épanouie ? Ma foi, il suffisait de pousser la porte de l’appartement 585, 9e étage du 1, rue *** pour tomber sur une scène des plus charmantes : batifolant gaiement dans leur T4, vous auriez trouvé trois jeunes coloc’ le cœur léger, chantant soirées débriefing, grosses cuites et bonnes marrades en excellente compagnie. Cependant, malgré les interminables discussions sur la roue du temps, les méandres de l’avenir et la difficulté à se procurer une jupe sympa en cette saison, point de prospective n’avait été engagée. Après tout, pourquoi craindre demain si aujourd’hui ne se passe pas trop mal ? Difficile également d’envisager le trou noir post-estudiantin quand cela fait quatre ans qu’on nage avec bonheur dans le grand bain des études.

Donc j’ai la putain de nostalgie des années étudiantes, alors que j’en sors à peine. Ma foi, vous seriez tout à fait dans votre droit de me lancer une bonne droite accompagnée d’invectives haineuses face à ma pleurnichérite aigue : il est vrai que je me plains de ce que j’ai perdu, une fois n’est pas coutume. A posteriori, j’en dresse en fait un bilan si positif qu’il m’empêche de savourer la suite. As usual. Mais pourtant je voudrais coucher noir sur blanc, quelque part dans l’univers, à quel point ces quatre années et demi ont été formidables. Pas « chouettes », ni même « cool », vraiment « formidables », dans le style « inoubliables ». Une petite voix me trotte dans la tête : « profitez bien de vos années étudiantes les jeunes, ce sont les meilleures ! » Vraiment ?

Je me vois débarquant à Toulouse comme d’autres descendent dans l’arène, pour chercher à conquérir une liberté et un droit d’exister, y affronter la vie sans les garde-fous parentaux et perdre ses rondeurs enfantines ; accompagner le tout des premières virées entre potes dans la Punto débridée, expérimenter un premier amour, vivre toute-seule-pour-de-vrai, changer de continent, démarrer des amitiés déjà inoubliables, consommer la rupture familiale mais le regretter autour d’un verre le temps d’une soirée. (…)

Je n’arrive pas à faire rentrer ces quatre années et demi dans un paragraphe.

*

Bon, je crois que vous avez saisi le topo. Alors après ça, qu’est-ce qui pourrait se révéler mieux, je vous le demande ? J’ai trouvé la réponse mais me bagarre encore un peu avec le mode d’emploi.

*

Là, je suis en train d’expérimenter un truc de fou que je ne pensais pas toucher du doigt avant la trentaine avancée (Sarah et ses idées préconçues sur la vie, tome 1) : la vie en couple. Pour celles et ceux qui me connaissent depuis plus d’un an et demi, vous savez que c’est un peu le genre de trucs qui me faisait rigoler en douce. Mwarf mwarf, les z’amoureux qui s’lâchent plus et qui n’peuvent plus rien faire l’un sans l’autre, même vivre quelques mois séparés, c’tte blague ! Ahahah.

Oui, bon, j’ai cédé. M’enfin, qui ne l’aurait pas fait à ma place ? Z’en connaissez beaucoup qui ne succombent pas aux yeux verts et muscles d’airain du bellâtre d’à-côté ? Bon, j’ai flanché quoi. Avec une remarquable abnégation qui frôlait, soyons honnête, le plus total abandon de soi. Et je me retrouve à me dépêtrer d’un habit un peu trop grand pour moi ou dont les mensurations ont été prises alors que j’étais encore en train de bringuer à Toulouse sans réfléchir à autre chose qu’au prochain cocktail que j’allais commander. Parce qu’en fait, c’est sacrément compliqué la vie à deux.

J’aime-le-riz-je-préfère-les-pâtes, demain-on-se-lève-tôt-moi-je-fais-la-grasse-mat’, week-end-pêche-sur-le-bord-rando-ce-serait-mieux-non-? et j’en passe. Tout est prétexte à opposition, avis contraire et prise de position tranchée, comme si des décisions cruciales se prenaient autour de la préparation du petit déjeuner. Pourtant on les a vues par centaines ces scènes de cinéma où des amoureux se déchirent autour d’un bol de chocolat, mais faut-il qu’on soit monstrueusement optimiste/monstrueusement bête, on y avait pas pensé avant/ça n’arrive qu’aux autres/de toute façon la-Calédonie c’est le paradis il n’arrivera jamais rien de mal sous le soleil.

*

On en arriverait presque à oublier les tonnes d’amour contenues, déversées, avouées, entretenues avec tendresse. Dans ces cas-là, manque cruellement une occasion de souffler, souffler pour retrouver cette dynamique du manque qui fait avancer le schmilblick en temps normal, souffle qui ouvre le regard sur ces merveilles rendues angoissantes par le quotidien. Prendre de la hauteur quoi, se réfugier auprès des potes, râler un bon coup, ricaner en douce et refaire le monde pour revenir le cœur léger, gonflé d’amour et d’ondes positives pour la suite.

 

Bon, vous l’aurez compris : j’ai serpenté un bon moment en excellentie compagnie, aujourd’hui je continue mon petit bonhomme de chemin avec son lot de tendresse, de désarroi aussi face à cette avalanche de sentiments contradictoires et autres montagnes russes émotionnelles qui me laissent tout vide… alors qu’au fond, il y a, en fait, surtout beaucoup d’amour à partager.

 

Sarah* apprentie amoureuse


Bastien & moi, Nouville

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commentaires

M
ahhhhh, l'amour...
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A


Dit celle qui fond à la moindre blague de son blondinet... ;)



T
Très jolie ...

Oh mon dieu non je suis tout à fait daccord si je pouvais rester encore des années étudiante je dirais pas non mais bon à un moment faut bien rammener des sous et partir pour la grande aventude :
le monde du travail ! nonnnnnnnnnnn :'(

Coté coeur rien de plus beau que de vivre une aventure à deux je sais de quoi je parle. ;)

Gros bisous profite du moment présent !!
Répondre
A


En relisant ton commentaire, je me dis que je suis toujours dans le même état d'esprit, ce qui ne m'empêche pas de réaliser que cela fait bien longtemps que l'on
n'est pas parties entre copines... Tu penses à c'que j'pense ?!



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Salutations

  S'installer ailleurs, une grande aventure...
Je la vivrai avec vous, si vous le voulez bien :).
 

Je suis là, blottie dans mon lit, sous la couette : musique à fond, des étoiles au plafond, mes bouquins pour dessus-de-lit, mes dessins pour oreiller, et vous pour m'accompagner dans ce drôle de rêve. 

Pour autant, rien n'exclut les moments de folie, les fous rires endiablés, les délires assumés et les prises de position passionnées !
Aussi je vous invite à suivre mes pérégrinations... aussi bien virtuelles, que visuelles, imaginaires, touristiques, méditatives, sentimentales, estudiantines ou festives. 
Bien à vous,
Astérie*

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