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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 17:49

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« Les balades en vélo devraient être remboursées par la Sécu », voilà ce que je pensais alors que je pédalais comme une furieuse dans les rues de Toulouse. La Garonne à ma droite, le soleil au zénith, le vent frais, les petits oiseaux qui gazouillent… Bref, le tout histoire de se remettre les idées en place, de réajuster les événements et de réfléchir un peu sur tout et n’importe quoi pour en tirer des bilans provisoires mais nécessaires, à mi-parcours vers la sagesse, ce "but ultime".

 

***

 

La semaine, le nez dans le guidon, tu ne vois rien venir, tu te contentes de te laisser porter par les événements : tu te fais balloter par les vents, parfois contraires, qui t’écrasent contre des écueils imprévisibles ou te déposent avec soulagement sur un rivage inespéré. Le week-end, tu te retournes, étonné-e, sur ces sept jours qui ont défilé à toute vitesse, sans que tu aies imaginé un seul instant en arriver là…


J’ai parfois maudit la routine, aujourd'hui je l’appelle de mes vœux. Routine rassurante, enveloppante, versus quotidien détonnant, destructeur : que préférer ? Je pense à Achille qui choisit une vie de héros trépidante mais courte, je me demande si je ne vais pas, de même, me consumer. Toute situation que je traverse est le résultat direct de mes choix, et je ne peux reprocher à personne ce que je dois assumer, mais que c’est dur !


J’en veux beaucoup à ceux qui accusent leur entourage d’être malheureux ; pourquoi n’assume-t-on pas, une bonne fois pour toutes, que l’on provoque la plupart ces événements qui nous ballotent ? On ne peut évidemment prévoir les multiples vicissitudes de la vie, mais notre état d’esprit est crucial dans la perception des jours qui passent et du lot quotidien de tracasseries qui les accompagnent. En vouloir à la terre entière n’a jamais résolu aucun problème, et je me demande encore comme certains peuvent croire une seule seconde qu’ils sont complètement innocents dans les problèmes qui les frappent[1].


Une position difficile à défendre quand on est sociologue, et que l’on connait le poids des déterminismes : familiaux, économiques, historiques… Je ne les nie pas, je les nuance. Si j’ai pu être un jour holiste, aujourd'hui je suis résolument individualiste. Pas dans un sens galvaudé, plutôt dans une perspective utopique de dépassement de mes propres chaînes (Nos racines), de construction de mon propre chemin, de transcendance de mes défauts et de ceux qui m’entourent.


Alors, ici j’écris « la rancune est un vilain défaut ». Elle ne conduit qu’à de la hargne, de l’envie ou des regrets, elle est un ver dans le fruit qui en pourrit la chair, et elle évite de se poser les vraies questions : quelle est ma part de responsabilité ? Pourquoi suis-je triste et qu’y puis-je ? Au lieu de cela, ne trottent dans la tête que d’insidieuses énigmes, n’invoquant que fatalité ou malveillance de la part d’autrui, sans remise en question aucune.


Et quand bien même l’autre a tort, et quand bien même l’on ne peut rien à une situation dramatique, ne peut-on trouver en soi la grandeur d’âme de s’élever au-dessus de ces turpitudes ? Ne peut-on décider fort courageusement de passer outre, de dédaigner le médiocre que l’on côtoie au quotidien, et de s’affranchir des embûches semées par la mesquinerie humaine ? Ne peut-on s’abstenir de juger l'autre pour enfin se regarder dans la glace et y affronter ses erreurs ?

 

***

 

Je crois dur comme fer à la recherche de la sagesse, je tends vers elle et y aspire ; j’aimerais tant, quelque soit la situation difficile que je traverse, connaître systématiquement la bonne réponse, être une « bonne » personne et refuser toute médiocrité de mon fait. Au lieu de cela, je ne suis qu’humaine, et je fais de mon mieux. Ce qui ne m’empêche pas de faire les plus belles conneries en toute bonne foi, bien entendu. Mais sans jamais me défiler derrière, jamais, jamais ; et reconnaître, tout bêtement, que j’ai foiré (La fin d’une époque), en n’oubliant jamais de tenter de rattraper le coup du mieux possible ensuite (Si seulement… je pouvais remonter le temps).

 

« Se battre contre la médiocrité, œuvrer pour la sagesse » : ça ferait un bon slogan ça…

 

S.



[1] On est d’accord, je ne parle pas des mal-nourris du Tiers-Monde ou des victimes innocentes des guerres (etc.) mais bien des citoyens douillettement installés dans leurs Etats de droit, qui ont de quoi manger et se loger. Moi, par exemple.

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commentaires

Y

À réflexion personnelle au fond très explicite : une réponse personnelle, au fond, très explicite.

"Alors, ici j’écris « la rancune est un vilain défaut »." Avant tout, la rancune ne peut pas être l'objet des débats, mais c'est plutôt la justice, la justice face à son propre malheur quel qui
soit. Car c'est plutôt là que tout commence : "Toute situation que je traverse est le résultat direct de mes choix, et je ne peux reprocher à personne ce que je dois assumer, mais que c’est dur
!"

"J’en veux beaucoup à ceux qui accusent leur entourage d’être malheureux ;" "En vouloir à la terre entière n’a jamais résolu aucun problème, et je me demande encore comme certains peuvent croire
une seule seconde qu’ils sont complètement innocents dans les problèmes qui les frappent[1]." Un très bon conseil, une très bonne remarque, mais tu sais aussi qu'il faut que tu appliques justement
à toi-même ton propre conseil, car ce post a tout l'air d'être justement l'expression de ton propre malheur.

"Quelle est ma part de responsabilité ? Pourquoi suis-je triste et qu’y puis-je ? Au lieu de cela, ne trottent dans la tête que d’insidieuses énigmes, n’invoquant que fatalité ou malveillance de la
part d’autrui, sans remise en question aucune." Il n'y a pas d'énigme, la responsabilité est le véritable sujet et je pense qu'elle est plutôt simple à comprendre.

"Ne peut-on trouver en soi la grandeur d’âme de s’élever au-dessus de ces turpitudes ? Ne peut-on décider fort courageusement de passer outre, de dédaigner le médiocre que l’on côtoie au quotidien,
et de s’affranchir des embûches semées par la mesquinerie humaine ? Ne peut-on s’abstenir de juger l'autre pour enfin se regarder dans la glace et y affronter ses erreurs ?" Un positionnement
facile suivant sa propre position. Non, parfois on ne peut pas, on ne peut pas décider de passer outre, car c'est dans le médiocre apparent que l'on voit finalement l'évidence. Et le doit-on
vraiment ? Passer au dessus des turpitudes, les ignorer sans en tirer leçon ? Est-ce vraiment utiles ? Pour soit ? Pour tous ?

Bref, pour moi, ta sagesse n'en est pas une, car c'est ta définition de la médiocrité qui est ici en cause. Non, il ne faut pas transcender ses défauts, mais les assumer avec ce qui va avec, puis
ensuite les dépasser, en apprenant ce qui va avec.

"Mais sans jamais me défiler derrière, jamais, jamais ; et reconnaître, tout bêtement, que j’ai foiré, n’oubliant jamais de tenter de rattraper le coup du mieux possible ensuite." J'admire ces
paroles, mais comme tu le sais, parfois, rattraper le coup est peut-être impossible.

Ton cher ami, Yves.

"Une position difficile à défendre quand on est sociologue, et que l’on connait le poids des déterminismes : …" : Too ironic … ^^


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A


Répondons point par point, soyons clairs, soyons précis !


Pour moi la rancune est réellement un sujet de discussion, car c'est un sentiment tout ce qu'il y a de plus mauvais, destructeur, qui n'amène à rien, au contraire. Se concentrer sur la justice,
c'est se tromper de combat : il y a beaucoup d'injustices contre lesquelles on ne peut rien, et qui ne mènent qu'à la rancune. Le ruminer n'est d'aucune utilité, mieux vaut éviter de se battre
contre des moulins à vent si l'on n'y est pour rien, le mieux est de laisser tomber, et d'avancer quand même.


Quant à accuser mon entourage d'être malheureuse, c'est le contraire. Déjà, je me sens plus heureuse que malheureuse :) et ensuite, quand je me sens effectivement en butte à des événements
malheureux, je cherche toujours ma propre responsabilité avant d'aller râler contre le brin de paille dans l'oeil du voisin. Enfin, j'essaie ! Donc, tu as raison, la responsabilité est le vrai
sujet. La délimiter est difficile, c'est l'enjeu.


Pour ce qui est des turpitudes, il ne s'agit pas de les ignorer, au contraire. Et le médiocre mérite qu'on s'y arrête, ne serait-ce que pour le dépasser. Je disais juste qu'il fallait s'abstenir
d'y porter trop attention quand ça peut vous faire trop de mal.


Je ne définis donc pas la médiocrité, je tente d'expliquer en quoi ma vision de la sagesse appelle à dépasser la médiocrité d'autrui et la sienne propre, pour avancer et s'améliorer.


Et même si rattraper le coup est impossible, ça vaut toujours le coup d'essayer. Ne serait-ce que pour ne pas avoir de regrets.



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Salutations

  S'installer ailleurs, une grande aventure...
Je la vivrai avec vous, si vous le voulez bien :).
 

Je suis là, blottie dans mon lit, sous la couette : musique à fond, des étoiles au plafond, mes bouquins pour dessus-de-lit, mes dessins pour oreiller, et vous pour m'accompagner dans ce drôle de rêve. 

Pour autant, rien n'exclut les moments de folie, les fous rires endiablés, les délires assumés et les prises de position passionnées !
Aussi je vous invite à suivre mes pérégrinations... aussi bien virtuelles, que visuelles, imaginaires, touristiques, méditatives, sentimentales, estudiantines ou festives. 
Bien à vous,
Astérie*

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