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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 15:09

P1010453.JPGRetour à Angers

 

Je suis une bloggueuse bien inconstante : je publie des masses lorsque je suis au fond du trou, mais c'est silence radio lorsque tout baigne (ou que tout va vraiment trop mal, et qu'il n'y a rien à commenter là-dessus). Actuellement, on serait plutôt à l'heure du bilan[1] : bilan d'une quatrième année à Sciences Po, bilan d'une troisième année à Toulouse, bilan des amitiés perdues et des amours gagnées, des compagnons retrouvés et des nostalgies lancinantes...


*** 

 

Je sais que j'ai tendance à dramatiser, mais je ne me souviens pas avoir vécu une année si pleine de rebondissements : des drôles, des moins drôles… je ne sais pas s’il faut se souhaiter une nouvelle année aussi riche en événements. En fait, cette question est rhétorique, la preuve s’il en faut, à peine rentrée chez maman, je sens l’ennui poindre son nez. Donc, la réponse est : OUI. Pourtant, les distractions ne manquent pas (ni les obligations, dont l’inénarrable mémoire, hum…), mais cette sorte de tourbillon qui agite nos vies toulousaines au quotidien me manque déjà.


Il faut dire que, la plupart du temps, on se complait à s’estimer « overbooké-e-s ». (« Quoi, encore une réunion ? Mais j’avais dit à machin que je mangeais chez lui, et ensuite il faut absolument que je passe chez truc récupérer de quoi finir mon exposé, que je dois nécessairement finir avant jeudi matin puisque le soir même je pars en week-end retrouver bidule que je n’ai pas vu depuis des mois, alors que je passe en oral lundi après-midi et que j’avais promis à mes colocs de leur faire un coucou avant qu’elles-mêmes ne partent en week-end. » A peu de choses près.) Quand on devient obligée de regarder son agenda pour répondre à une simple invitation à manger un sandwich, je crois qu’on peut dire qu’on approche le surbooking propre aux business-wo-men de quarante ans. Mais qu’on en est pas peu fière (quelque part).


Où est passée ma léthargie d’adolescente ? Je rêve à présent avec nostalgie de cette période bienheureuse où je pouvais me lever tard et ziziner[2] toute la journée sans en concevoir le moindre scrupule (z’avez qu’à demander à Caro, elle vous confirmera). A l’heure actuelle, je vis avec une horloge dans le ventre qui calcule ma productivité horaire avec acharnement ; comprendre : chaque seconde doit être utilisée efficacement et mise à profit. Le grand capitalisme a eu raison de mon emploi du temps, et aujourd'hui je ne supporte plus de perdre mon temps. C’est maladif. Si-si, je vous assure, ça vaut le coup de se plaindre.


Bref, impossible de perdre la moindre minute : un déplacement en vélo ? Coup de bigot à un ami afin de prendre des nouvelles. Un trajet en train ? Lecture du journal pour me tenir au courant de l’actualité. Attente aux caisses ? Ecriture spasmodique de textos afin d’organiser le reste de la journée. Ennui en cours ? Seul moment de liberté où je m’accorde un peu de temps pour lire un roman ! Le mot de l’année : ren-ta-bi-li-ser. … Berk !!!


C’est généralement dans ces moments-là que je pense le plus au dicton que se plaisaient à répéter les Togolais aux Européens pressés : « En Europe vous avez l’heure, nous on a le temps. » Soit : on ne prend pas le temps du bonheur, on est tout le temps en retard… Mais peut-être est-ce du Togo que je tiens cet acharnement à profiter de chaque seconde pour avancer un peu plus dans… bon, je n’ai pas encore trouvé le sens profond de ma vie, alors disons « avancer tout court » (démonstration lacunaire, je vous l’accorde). Comme si on ne pouvait avancer qu’en minutant précisément chaque journée. So occidental. Enfin, tout ça pour dire que par un insidieux mécanisme, j’ai désormais en horreur le moindre fragment de temps passé à ne rien faire. (Attention, la méditation n’en fait pas partie ! Mais passe néanmoins souvent au second plan.)


Du coup, peut-être ceci explique-t-il cette année sur les chapeaux de roue (en plus des événements imprévisibles qui viennent chambouler l’emploi du temps si soigneusement prévu) : besoin viscéral de provoquer le surbooking, de se mettre en retard, de s’engluer dans les projets et les occupations. A cette allure-là, je vais finir ridée prématurément, avec un ulcère à l’estomac. Et peut-être est-ce aussi la raison pour laquelle je ne prends plus le temps de mettre mon blog à jour ; pourtant, il a une utilité cathartique certaine. Alors, l’autre raison, c’est que je serais trop heureuse pour avoir quoi que ce soit à raconter…


***


Ca doit être ça, car j’ai beau chercher, je ne vois pas quoi raconter de plus sans vous endormir. Or, étant donné que par un consensus tacite on ne parle jamais sur un blog des événements vraiment trop tristes ou trop intimes, on ne parle pas non plus de ces moments niaiseux de bonheur suprême. Pudeur, quand tu nous tiens (ou peur de perdre son lectorat…). Ce vieux dicton n’a jamais été aussi vrai qu’aujourd'hui : « les gens heureux n’ont pas d’histoire ».


DONC je ne ferai pas de bilan de cette année. Je me contenterai d’un grand soupir qui en dit long, puis j’embrayerai sur cet été : stage de trois mois à Paris, colocation improbable dans le 11e arrondissement, retrouvailles avec un peu tout le monde [puisque l’été tout le monde est à Paris. Les autres, vous savez quoi faire (regard appuyé)], week-ends un peu partout (à prévoir : Nantes, Brest, Le Mans, Milan, Angers, Toulouse, ETC.) et voyage sur la Côte Ouest à organiser. Dure la vie. Au milieu de tout ça, il va falloir continuer à être et rendre heureux-se afin de ne pas perdre un équilibre fragile acquis un certain treize janvier deux-mille-onze...

 

Sarah*, just too much happy



[1] En bonne étudiante, je parle bien sûr de l’année scolaire.

[2] Il paraît que certains incultes ne connaissent pas ce verbe définitivement utile : ziziner, v. 1er groupe (je zizine, tu zizines, etc.) : du latin zizinare, faire des choses sans importance ou inutiles afin de passer le temps sans se prendre la tête et/ou d’éviter de faire quoi que ce soit d’utile. Syn. : boutiquer, glandouiller. Ex. : « Qu’est-ce que tu zizines ? Je checke mes flux RSS ». 

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commentaires

M

J'aime la photo =)


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A


Angevine 4ever!



L

J'aime ;-)


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A


:)



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